Lundi, avril 16, 2012

AALIYAH

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Aaliyah.

On ne peut réprimer un soupir en prononçant le nom de celle dont le talent renvoie Beyoncé, Rihanna et Keysha Cole à leurs chères études de vocalises. Muse de Timbaland, qui l’appellait affectueusement « baby girl », et interprète favorite de Missy, Aaliyah avait mis à genoux toute la scène RnB devant sa capacité à réinventer un genre tout en respectant ses racines. Chacun de ses ablums a constitué un tournant dans les prods qui suivirent leurs sorties, de sa première collaboration avec R.Kelly, Age ain’t nothing but a number à Aaliyah, album éponyme, en passant par One in a Million.

L’onctuosité de sa voix de soprano surpassait, pour certains, celle, presque trop classique, de Mary-J Blige.
Que Beyoncé se le tienne pour dit, elle ne trône aujourd’hui sur les billboard charts que parce que la vraie Princesse du RnB s’en est allée.

Aaliyah.

« La plus élevée » en langue Arabe. Jamais prénom ne fut mieux porté car, aujourd’hui encore, toutes sont au dessous des nuages qu’elle foule désormais.

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posted by Samir at 07:53  

Samedi, avril 14, 2012

VOTEZ SARKO

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Source: L’Expansion

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posted by Samir at 13:04  

Vendredi, avril 13, 2012

REFUGE

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C’est ici.

Ici où je me suis abîmé pendant de longues soirées d’études, intoxiqué par tous ces livres. L’odeur des parchemins et des papyrus embaumaient l’air ambiant. On y marchait sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger les fantômes de ces grandes figures qui y ont étudié. Quand l’obscurité s’installait peu à peu, je me glissais dans ses rayons comme dans le dortoir des filles. J’y caressais les reliures en cuir de vieux manuscrits. Et mon palpitant s’emballait, comme si c’était l’intérieur d’une cuisse que je frôlais.

Chacun sa luxure.

Je m’y étais retranché. C’était mon Alamut. Les lecteurs de Samarcande savent l’étymologie de ce mot. « Nid d’aigle ». Alors j’y nidifiais tous les soirs, faisant provision de pommes et de café. Je feuilletais à l’abri des regards indiscrets. Je buvais l’encre jusqu’à la cuite. J’étais Apollinaire. Le temps d’une nuit.

Dit comme ça, mon nid ressemble à un troquet. C’était mon refuge.

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posted by Samir at 19:01  

Mercredi, avril 11, 2012

PARADIS

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J’ai essayé d’écrire le Paradis.

- Ezra Pound

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posted by Samir at 09:41  

Lundi, avril 9, 2012

MY NAME IS BOND. JAMES BOND.

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Bond est l’archétype du séducteur qui fait fondre l’anode et la cathode du cerveau féminin. Jusqu’à le rendre inopérant. Toutes cèdent sous les assauts conjugués de son regard bleu polaire et de son accent d’Oxford. Dans Casino Royale, Solange, femme d’un narcotrafiquant, succombe au mytérieux charme de l’agent du MI6, et en fait les frais. Et dans Quantum of Solace, c’est l’Agent Strawberry Fields qui se donne corps et âme… avant de rendre cette dernière. Seule Vepser Lynd, interprétée par la sublime Eva Green, qui semble (temporairement) la plus imperméable au charme de Bond. Et elle ne se gêne pas pour lui faire comprendre:

Vesper (en guise de présentation): Je suis le porte-monnaie.

Bond: On en a pour son argent.

Vesper tend sa carte à Bond

Bond:  »Vesper »? J’espère que vous l’avez fait payer à vos parents.

Vesper: Votre boss a le bras long on dirait, je n’ai jamais vu une somme pareille sortir aussi vite.

Bond: Ni avec autant de classe…

Vesper: Vous voulez dire que ce n’est qu’affaire de probabilités et de risques ? Je croyais qu’il y avait une part de hasard.

Bond: Seulement si on suppose que la meilleure main l’emporte.

Vesper: C’est ce que vous devez appeler « bluffer ».

Bond: Vous connaissez le terme… Vous devez donc savoir qu’un joueur de poker ne mise pas sur ses cartes mais sur le joueur d’en face.

Vesper: Et personne n’a de secret pour vous.

Bond: Rarement. C’est pourquoi je suis à même de déceler des traces de sarcasme dans votre voix.

Vesper: Ca me rassure, notre argent est entre de bonnes mains.

Bond: Vous pensez que ce n’est pas un bon plan, n’est-ce pas ?

Vesper: Parce qu’il y a un plan ? J’avais l’impression qu’on allait risquer des millions de dollars et des centaines de vies sur un simple jeu de hasard. Que devinez-vous d’autre, monsieur Bond ?

Bond: Sur vous, Mademoiselle Lynd ? Que votre beauté pose problème. Vous craignez qu’on ne vous prenne pas au sérieux.

Vesper: Ca, c’est vrai de toutes les filles séduisantes qui ont un peu de cervelle.

Bond: Oui, mais celle-ci veut surcompenser en s’habillant de façon un peu trop masculine, elle est plus agressive que ses collègues féminines, ce qui la rend quelque peu piquante à vrai dire, et elle a paradoxalement moins de chance d’arriver à se faire accepter et promouvoir par ses supérieurs masculins, qui prennent son manque d’assurance pour de l’arrogance. Je crois que normalement j’aurais parié fille unique mais, comme vous n’avez pas relevé ma remarque sur vos parents, je pense miser sur orpheline.

Vesper: D’accord… D’après votre costume vous êtes allé à Oxford ou l’équivalent et vous croyez que les être humains portent ce genre de choses, et vous le faites avec un tel dédain… Je dirais que vous venez d’un milieu modeste, et que vos camarades ne vous l’ont jamais pardonné. Vous devez donc vos études aux bonnes grâces d’une personne étrangère, d’où ce comportement aigri, et comme vous avez tout de suite pensé que j’avais perdu mes parents, je dirais que c’est vous l’orphelin.

Bond: …

Vesper: Oh, vous l’êtes ? Je commence à aimer le poker… Et ça tombe vraiment sous le sens : le MI6 recrute des hommes mal dans leur peau, qui ne voient pas d’objection à sacrifier les autres afin de protéger le pays et la reine. Vous savez ? Comme des ex des services spéciaux aux sourires faciles et aux montres hors de prix… Rolex ?

Bond: Omega.

Vesper: Magnifique. Comme je viens de vous rencontrer je n’irai pas jusqu’à vous traiter de salaud au coeur de pierre.

Bond: Non, bien entendu…

Vesper: Mais je peux imaginer sans peine que les femmes représentent plus pour vous des plaisirs à la chaîne que des objets de conquête. Alors si charismatique que vous soyez monsieur Bond, je compte bien veiller de près sur l’argent du gouvernement plutôt que sur votre exceptionnel petit cul.

Bond: Vous avez remarqué !?

Vesper: Même les comptables ont de l’imagination… L’agneau était bien ?

Bond: Grillé… et je compatis

Vesper: Et bien bonsoir monsieur Bond.

Bond: Bonsoir mademoiselle Lynd.

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posted by Samir at 07:46  

Samedi, avril 7, 2012

EST-CE MOI?

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Tous les matins c’est la même.

Le train est rempli à ras bord. Les vitres sont toutes embuées des chaudes respirations que la promiscuité nous envoie dans la nuque. C’est désagréable. Ca dégouline de partout. Des travailleurs. Des étudiants. Des jeunes. Des vieux. L’indien assis en face de moi s’attaque au sudoku du journal gratuit qu’on lui a distribué avant de monter à bord. La vieille qui a pris place à ses côtés se donne toutes les peines du monde pour empêcher ses vêtements de toucher ceux de son voisin. « On meurt encore de la lèpre en Inde ». C’est ce qu’elle doit se dire. Ca se voit sur sa gueule. A côté de moi, un lycéen mange ce qui lui reste d’ongles. Il tourne frénétiquement les pages d’un cahier noirci de calculs. Il a les foies. « Je vais avoir une sale note à ce putain de contrôle ». C’est ce qu’il doit se dire. Et ça se voit sur sa gueule.

Je ne peux m’empêcher de réprimer un sourire. Je me revois dans les baskets de ce jeune étudiant à réviser mes cours jusqu’à la dernière minute. Le ventre noué. Des fourmis dans les jambes. Ca dansait le boogaloo dans ma tête. Et mon pouls prenait de la vitesse à mesure que l’heure fatidique approchait. J’avais ressenti le même truc avant d’embrasser une fille pour la première fois. J’étais terrifié à l’idée qu’elle ressente ma maladresse. J’avais l’impression que le monde entier s’effondrerait si je n’obtenais pas une bonne note à ce contrôle de langues. Qu’on en parlerait au 20h en même temps que dans la cour de récréation. « Samir, il sait même pas embrasser ». Avec le recul, je mesure l’idiotie de mes pensées d’alors. J’étais tellement naïf, tellement gauche, que j’ai du mal à croire que ce jeune garçon ait pu être moi. Suis-je ce garçon si peu sûr de lui-même? Ou bien suis-je celui moins innocent mais plus en colère qui a sué par tous les pores de sa peau pour pouvoir se payer ses études? Je me revois à porter des thons de 25 kg dans un entrepôt à -4°C. A « faire » des sacs de glace de 50 kg. A supporter l’odeur des déjections de la mer. Odeur dont je me débarrassais avec grand mal sous la douche. Puis j’enchainais ma journée par un job de garde de nuit dans un grand hôtel. Je voyais ces capitaines d’industrie infidèles défiler, flanqués d’escorts dissimulées derrière des lunettes noires. Ca baisait au champagne. Moi c’était le monde que je voulais baiser. Mais là aussi, je ne me reconnais plus. Puis j’ai commencé à écrire. Je voulais être écrivain. Un écrivain viril à la Hemingway. Je voulais pêcher au gros et me taper une tahitienne. J’étais persuadé de pouvoir vivre d’encre, d’eau fraîche et de papayes. C’est à cette époque que j’avais commencé à écrire les mémoires de Khalid Al Baghdadi. J’ai relu ce texte il y a seulement quelques jours comme s’il avait été écrit par un autre. Expérience de dépersonnalisation des plus troublantes. Alors, non, je ne suis pas non plus cet écrivain idéaliste. Tout du moins, je ne le suis plus. Puis vint mon premier blog. J’ai crée un personnage dont j’ai forcé les traits… même si ces traits étaient bien les miens. Et quand je me relis, je me trouve parfois ridicule. J’ai souvent écrit pour plaire. Pour gonfler mes stats. « Nombre de visiteurs uniques ». « Nombres de pages vues ». « Nombres de clicks ». Est-ce moi, ce jeune garçon, thuriféraire d’un capitalisme carnassier? Non. Je ressemblais à une pute qui vend ses charmes. Pardon, mais je n’ai pas trouvé d’autre mot. La langue française regorge de mots décrivant celles qui font commerce de leur corps. Mais elle n’a rien à proposer pour décrire ceux qui vendent des contes.

Submergé de tendresse, je me tourne vers mon voisin du jour.  J’ai envie de lui dire « everything is gonna be ok ». Le soleil se lèvera demain. J’ai envie de lui raconter les trois 0/20 de suite que j’ai eus en chimie étant lycéen. Lui dire à quel point je pensais ma vie finie. Mais que le soleil, à chaque fois, s’est levé le jour d’après. J’ai envie de lui dire que « l’homme est la cause de son propre trouble ». J’ai envie de lui dire que nous sommes tous des reptiles magnifiques. Que nous muons. Qu’un jour il abandonnera ses écailles d’élève sage et timide pour une autre peau. Plus majestueuse. Plus chatoyante que la précédente. J’ai envie de lui dire. Mais je ne le fais pas. Ces expériences font partie de l’indicible. Des trucs qu’on découvre tout seul, dans la nuit, à tâter les murs de sa chambre. Jusqu’à trouver la lumière. Alors je ne dis rien. C’est mon arrêt. Je sors.

Le soleil s’est levé.

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posted by Samir at 13:57  

Jeudi, avril 5, 2012

KHALID AL BAGHDADI

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« Moi, Khalid, natif de Bagdad, on me connaît sous le nom de Khalid al Baghdadi, Khalid le poète des adolescentes ou encore Khalid le gibier des courtisanes. J’ai 73 ans et ai eu une vie des plus remarquables : non pas celle, tranquille et insouciante, du boulanger qui meurt, satisfait, auprès de son four en sortant sa dernière miche de pain chaude, mais celle d’un poète de cour adulé et respecté… puis trahi et honni. C’est cette vie que je veux te raconter, ô lecteur. Cette entreprise n’a pas été simple pour moi car, à l’âge avancé où je suis, il m’a fallu brasser la terre de mes souvenirs et trouver parfois, souvent, des pierres que j’aurai préférées enfouies à jamais. Peu importe. Je n’ai fait que raviver certaines blessures et, si elles sont encore douloureuses, c’est avec délice que j’en souffre maintenant : la nostalgie de la jeunesse nous fait regretter jusqu’à nos pires erreurs. Mais je n’ai pas dit toute la vérité, cette entreprise dépasse l’envie soudaine de replonger dans les flots de ma mémoire : elle est le fruit d’une pensée beaucoup plus égoïste… Comme tous les poètes j’aspire à l’immortalité et espère que mon œuvre me survivra grâce à ce modeste récit. Mes cheveux blancs n’ont pas éteint cette envie inextinguible de plaire, je dois l’avouer.

J’ai dit que j’étais né à Bagdad ? C’est vrai. Mais c’est à Mossoul que j’ai passé le plus clair de mon enfance et de mon adolescence. La vérité c’est que je suis orphelin. C’est pourquoi, quand d’autres déroulent avec orgueil leurs généalogie : « Je suis Un Tel, Fils d’Un Tel, Fils d’un Tel… », je ne réponds, pour ma part, que « Khalid Al Baghdadi ». La ville Ronde est ma mère. Elle est ma Terre. Même si cette mère fut cruelle et indifférente à ma souffrance, même si cette terre n’a pas répugné à s’abreuver de mes larmes…. Mais je vais trop vite….

Tout a commencé à Mossoul, port à l’économie florissante, gouverné, d’ailleurs, par un ancien commerçant du nom de Mohammed Al Souwaïdi. On raconte que ce dernier était tellement fortuné que le Calife, jaloux de ses richesses, l’avait contraint à accepter ces nouvelles responsabilités pour brider ses ambitions : « l’Islam n’a guère besoin de commerçants, répétait-il, l’Islam a besoin de Politiques avisés ! » Mais personne n’était dupe : tout le monde voyait en cette décision la volonté de mettre un frein à l’influence grandissante de la famille Souwaïdi. Cette dernière entretenait une cour importante et, disait on, avait même des serviteurs dans l’entourage du Calife. Mossoul avait prospéré sous leurs auspices : elle était devenue le passage obligé des épices indiennes, de la vanille, des perles, des étoffes chinoises, des encens… Les imprimeurs de toutes les terres d’Islam venaient s’y approvisionner en « kaghez », un papier dont la recette était jalousement conservée dans l’Empire du Milieu et dont la famille Souwaïdi possédait l’exclusivité de la distribution.

J’étais jeune à l’époque. Je travaillais au bureau de poste avec mon maître Abou Tammam – qu’Allah l’accepte en Son royaume -. Devenu aveugle par la volonté du Très Haut, il m’avait pris sous son aile pour d’abord lire les lettres qui lui étaient destinées… puis celles qui ne l’étaient pas. C’était notre plaisir secret : repérer les lettres envoyées par des amoureux transis (c’était d’une simplicité enfantine : elles sentaient toutes la camomille ou le musc) et nous délecter des beaux mots envoyés aux princesses. Aussi loin que je me souvienne c’est cette pratique peu avouable qui m’a donné goût aux femmes et aux mots choisis. »

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posted by Samir at 21:49  

Mercredi, avril 4, 2012

SONGE

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posted by Samir at 07:28  

Lundi, avril 2, 2012

FRITURE

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À Maastricht, les magasins ouvrent le premier dimanche de chaque mois. La foule se déverse alors dans ses ruelles pavées au rythme des ouvertures et fermetures automatiques des portes d’un Zara ou H&M. Chacun s’y presse, s’y bouscule, s’y fond. L’entrée de l’artère principale, un peu surelevée, offre un point d’observation fascinant: vu d’ici, la masse des piétons qui roule en contrebas ressemble à un reptile aux ondulations inquiétantes. Ses écailles mouvantes lèchent les murs.

Jusqu’à ce que Midi sonne.

Le poids des sacs se fait maintenant sentir. Les bras se fatiguent. Les jambes s’engourdissent. Et les ventres commencent à exercer leur tyrannie: des odeurs de gauffres et viande grillée s’échappent d’estaffettes bigarrées. On s’y précipite. Les plus courageux attendent qu’une place se libère sur une des immenses terrasses où de blondes pouliches prennent un soleil froid.

J’ai faim.

Mais j’y connais rien à leur putain de cuisine. J’aimerai aller au plus simple et m’avaler un grec harissa mayo. Cependant, j’ai un sérieux doute sur le caractère licite de la viande que découpe le gros moustachu derrière son comptoir. Et puis, qui me dit qu’il est bon son grec? Et là je tombe sur cette échoppe à l’enseigne oxydée. « Friture ». Quel nom de merde. « Friture ». Et pourtant, devant il y a une queue monstre. Il vend quoi ce connard? C’est écrit en néerlandais. Ca sent super bon. « Ca se trouve c’est du porc ». J’ai déjà honte d’apprécier le fumet de sa « friture ». Mais je me mets en file indienne, comme tout le monde. Je me dis que s’ils font tous  la queue, c’est qu’il doit y avoir une raison.

Minute.

Elle coûte combien sa « friture »? Je me demande s’il s’est aligné sur le reste des snacks. Vu la queue, j’en doute. Il y a une différence fondamentale entre ceux qu’on appelle, en économie, les  »price makers » et les  »price takers ». Les premiers fixent le prix que bon leur semble. Les seconds s’alignent sur le moins disant du marché. Les premiers sont irremplacables. Les seconds sont déjà de trop. Les premiers ont un tour de main (think « couscous de maman »). Les seconds partagent tous le même fournisseur à qui ils sous-traitent tout… jusqu’à leur R&D, oubliant par là une des règles d’or du business, mise en évidence par Peter Drucker en son temps:

« Because the purpose of business is to create a customer, the business enterprise has two–and only two–basic functions: marketing and innovation. Marketing and innovation produce results; all the rest are costs. Marketing is the distinguishing, unique function of the business. »

Et là je pense à elle.

« Price maker » or « price taker »? Quoi? J’aurai pas le droit de poser ce genre de question?

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posted by Samir at 10:52  

Dimanche, avril 1, 2012

TEEDRA MOSES

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Teedra Moses, diva Soul inconnue d’un grand public qui préfère se désaltérer de l’urine audiophonique de Lady Gaga, a commis un album proche d’un grand cru par sa qualité. Produit par la fine fleur de la black music (Paul Poli, le grand Raphael Saadiq et Lil Jon), son titre traduit tout le paradoxe que laisse entendre la voix suave de Teedra: Complex Simplicity. Chaque gemme de ce coffret a bijoux est le produit de la plume de son interprète. Pas de Ghost Writer qui viendrait frelater l’oeuvre underground. Si j’étais contraint et forcé de sortir un seul titre de l’album, je choisirai Backstroke.

La sensualité même, mise en musique.

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posted by Samir at 09:35  
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