Samedi 7 avril 2012

EST-CE MOI?

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Tous les matins c’est la même.

Le train est rempli à ras bord. Les vitres sont toutes embuées des chaudes respirations que la promiscuité nous envoie dans la nuque. C’est désagréable. Ca dégouline de partout. Des travailleurs. Des étudiants. Des jeunes. Des vieux. L’indien assis en face de moi s’attaque au sudoku du journal gratuit qu’on lui a distribué avant de monter à bord. La vieille qui a pris place à ses côtés se donne toutes les peines du monde pour empêcher ses vêtements de toucher ceux de son voisin. « On meurt encore de la lèpre en Inde ». C’est ce qu’elle doit se dire. Ca se voit sur sa gueule. A côté de moi, un lycéen mange ce qui lui reste d’ongles. Il tourne frénétiquement les pages d’un cahier noirci de calculs. Il a les foies. « Je vais avoir une sale note à ce putain de contrôle ». C’est ce qu’il doit se dire. Et ça se voit sur sa gueule.

Je ne peux m’empêcher de réprimer un sourire. Je me revois dans les baskets de ce jeune étudiant à réviser mes cours jusqu’à la dernière minute. Le ventre noué. Des fourmis dans les jambes. Ca dansait le boogaloo dans ma tête. Et mon pouls prenait de la vitesse à mesure que l’heure fatidique approchait. J’avais ressenti le même truc avant d’embrasser une fille pour la première fois. J’étais terrifié à l’idée qu’elle ressente ma maladresse. J’avais l’impression que le monde entier s’effondrerait si je n’obtenais pas une bonne note à ce contrôle de langues. Qu’on en parlerait au 20h en même temps que dans la cour de récréation. « Samir, il sait même pas embrasser ». Avec le recul, je mesure l’idiotie de mes pensées d’alors. J’étais tellement naïf, tellement gauche, que j’ai du mal à croire que ce jeune garçon ait pu être moi. Suis-je ce garçon si peu sûr de lui-même? Ou bien suis-je celui moins innocent mais plus en colère qui a sué par tous les pores de sa peau pour pouvoir se payer ses études? Je me revois à porter des thons de 25 kg dans un entrepôt à -4°C. A « faire » des sacs de glace de 50 kg. A supporter l’odeur des déjections de la mer. Odeur dont je me débarrassais avec grand mal sous la douche. Puis j’enchainais ma journée par un job de garde de nuit dans un grand hôtel. Je voyais ces capitaines d’industrie infidèles défiler, flanqués d’escorts dissimulées derrière des lunettes noires. Ca baisait au champagne. Moi c’était le monde que je voulais baiser. Mais là aussi, je ne me reconnais plus. Puis j’ai commencé à écrire. Je voulais être écrivain. Un écrivain viril à la Hemingway. Je voulais pêcher au gros et me taper une tahitienne. J’étais persuadé de pouvoir vivre d’encre, d’eau fraîche et de papayes. C’est à cette époque que j’avais commencé à écrire les mémoires de Khalid Al Baghdadi. J’ai relu ce texte il y a seulement quelques jours comme s’il avait été écrit par un autre. Expérience de dépersonnalisation des plus troublantes. Alors, non, je ne suis pas non plus cet écrivain idéaliste. Tout du moins, je ne le suis plus. Puis vint mon premier blog. J’ai crée un personnage dont j’ai forcé les traits… même si ces traits étaient bien les miens. Et quand je me relis, je me trouve parfois ridicule. J’ai souvent écrit pour plaire. Pour gonfler mes stats. « Nombre de visiteurs uniques ». « Nombres de pages vues ». « Nombres de clicks ». Est-ce moi, ce jeune garçon, thuriféraire d’un capitalisme carnassier? Non. Je ressemblais à une pute qui vend ses charmes. Pardon, mais je n’ai pas trouvé d’autre mot. La langue française regorge de mots décrivant celles qui font commerce de leur corps. Mais elle n’a rien à proposer pour décrire ceux qui vendent des contes.

Submergé de tendresse, je me tourne vers mon voisin du jour.  J’ai envie de lui dire « everything is gonna be ok ». Le soleil se lèvera demain. J’ai envie de lui raconter les trois 0/20 de suite que j’ai eus en chimie étant lycéen. Lui dire à quel point je pensais ma vie finie. Mais que le soleil, à chaque fois, s’est levé le jour d’après. J’ai envie de lui dire que « l’homme est la cause de son propre trouble ». J’ai envie de lui dire que nous sommes tous des reptiles magnifiques. Que nous muons. Qu’un jour il abandonnera ses écailles d’élève sage et timide pour une autre peau. Plus majestueuse. Plus chatoyante que la précédente. J’ai envie de lui dire. Mais je ne le fais pas. Ces expériences font partie de l’indicible. Des trucs qu’on découvre tout seul, dans la nuit, à tâter les murs de sa chambre. Jusqu’à trouver la lumière. Alors je ne dis rien. C’est mon arrêt. Je sors.

Le soleil s’est levé.

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45 commentaires »

  1. J’adore cet article, de par l’authenticité qu’il semble dégager.
    T’en as chié un peu, quand même.

    Aussi toute ma vie aurais-je vécu dans le mensonge: on ne peut pas vivre d’encre, d’eau fraîche et de papayes ??

    Comment by Lucrezia — 07/04/2012 @ 16:45

  2. Joli texte cheikh Samir… Il va bien falloir que tu publies tes textes un jour, même en .pdf, j’ai une liseuse ;)

    Un petit texte de mon crû que j’ai retrouvé, écrit lors d’un improbable job d’étudiant :
    Le nerveux
    L’individu m’observait (d’un air carnassier, froid et éteint). Tout son être semblait tendre vers la contemplation de ma personne. Ses membres semblaient avoir perdu leur rôle primordial, pour se concentrer sur la proie du moment que je représentai, disséquée par deux yeux torves. Quand je lui dis le prix de la communication, il vociféra un « Quoi ? Combien ? » sonore qui semblait abonder dans le sens d’un sentiment aiguë contenu dans les tréfonds de sa poitrine. On eut dit que le moindre geste, la moindre parole mal comprise pouvait faire sombrer cette misérable scène en tragédie sanglante et hurlante. Après un moment de fermentation mentale, il déposa bruyamment sa monnaie sur le comptoir en bois qui nous séparait, lâcha un « C’est pas grave ! » qui en disait long sur la gravité de la situation. Il grimaça un sourire qui laissa apparaître l’état de décomposition de ses canines acérées et tourna les talons, franchit la porte en une démarche chaloupée qui donnerait la nausée à un vieux briscard des mers. On eu dit un enchevêtrement de nerfs sur pattes qui aurait longtemps mariné dans un grand bol d’espresso.

    Comment by Maître Mot — 07/04/2012 @ 17:16

  3. @ Lucrezia: Toi, tu peux.

    @ Maître Mot: Merci. T’inquiètes kho, tout se met en place petit à petit :)
    Et ton texte m’a fait beaucoup rire… surtout la chute « On eu dit un enchevêtrement de nerfs sur pattes qui aurait longtemps mariné dans un grand bol d’espresso ». MDR.

    Comment by Samir — 07/04/2012 @ 17:45

  4. Pourquoi moi le pourrais-je ?

    Comment by Lucrezia — 07/04/2012 @ 18:46

  5. J’ai vraiment aimer lire cet article, je n’voulais pas qu’il se termine lol.
    Tu m’as motivé, allez je retourne bosser mon anat’. ;)

    Comment by Sana — 07/04/2012 @ 19:03

  6. Mince je pensais que mon commentaire n’avez pas été envoyé. Je te laisse corriger ça :)

    Comment by Sana — 07/04/2012 @ 19:05

  7. @ Lucrezia: Un jour peut être tu comprendras. Un jour.

    @ Sana: Merci. C’est fait ;)

    Comment by Samir — 07/04/2012 @ 19:15

  8. :)

    C’est le sourire que j’ai eu en lisant cet article.

    Merci, Samir.

    Comment by Abdelhakim — 07/04/2012 @ 19:24

  9. @ Abdelhakim: 3afwane bro.

    Comment by Samir — 07/04/2012 @ 19:39

  10. Mini 50 000ex. Je te préface :). Fais pas le timide: http://www.albin-michel.fr/manuscrit.php

    J’ai l’impression que t’as toujours était tiré entre deux mondes contradictoires. Ta passion des Mots et l’oseille, je sais pas. Sinon j’ai souri.

    Comment by Rachid — 07/04/2012 @ 20:16

  11. @ Rachid: C’est super flatteur. Merci. Même si certain(e)s me poussent à taper à la porte de ces maisons d’édition… je me demande quelle valeur ajoutée ils apportent réellement aux petits auteurs. Tout part en couille dans leur industrie. Et la tentation de faire quelque chose en indépendant est grande.

    J’aime les mots et l’argent. Rien de contradictoire la dedans. Il faut juste laisser l’argent à la place qui est la sienne.

    Comment by Samir — 07/04/2012 @ 20:36

  12. @ Samir : « C’est Bandant d’être indépendant » ;).
    Ça nous aurait changés des calvities.

    Comment by Rachid — 07/04/2012 @ 21:02

  13. @ Rachid: Tout à coup l’indépendance bat des records, putain, tout à coup mon hardcore est devenu or ;)

    Je partage ton sentiment sur la domination malsaine des « calvities »

    Comment by Samir — 07/04/2012 @ 21:25

  14. Salam aleykoum,
    C’est « drole »de lire cet article surtout maintenant.  Ça tranche avec tes articles précedents. Il y a plus de sincerité, de simplicité ( tu nous raconte certains bouts de vie) et tu es beaucoup plus humble : »l’homme est la cause de son propre trouble ». Masha’Allah. 
    Ce que je dis là n’est pas pour te flatter … C’est tres sincere. 
    Aussi j’ecoutais une conference où il etait expliqué que nous devions faire attention a nos commentaire sur le net ou encore  pr ceux qui tiennent des blogs… C’est la meme logique. C’est une responsabilité que l’on prend devant Allah swt, pour chaque mots écrits on devra rendre des comptes.  Aussi il   expliquait qu’on a  tous besoin de meditation, c’est ce qui nous fait avancer. Toi tu a choisis de mettre certains sentiments, morceaux de vie par ecrit cet c’est vrai que ça aide pour y voir plus claire. Maintenat comme tu as tres bien dit a chaque etape de notre vie l’Homme « mû », et cherche differentes manieres lui permettant de mieux se connaitre, d’atteindre plus  de sincerite avec  lui même avant tout et d’etre ainsi plus  serein. 
    Ce que je veux dire par là, c’est que la personne que tu decris c’est « bien toi » celle qui semble plus rude c’est aussi bien toi.. 
    On a tous et ttes notre vecue, nos emotions presentes et passées. Certaine nous poussent a faire les dures  ( scté « oblige ») d’autres nous ramenes a une tendresse « oubliée » ( car elle est bien ancrée en nous mais on ne la laisse pas trop sortir au risque de se faire   »avoir » par les gens…). A mon sens je trouve que l’enjeu pour nous c’est de garder une certaine carapace ( c’est normal) mais d’essayer de concretiser notre coté tendre, innicent,  simple, au moins un peu plus et pourquoi pas  dans des contextes qui le permettent ( familles amis proches…). Ça fait beaucoup de bien et on sent notre coeur vivre. Et même… les personnes les plus fortes se sont celles qui font passer le coter doux… en plus important, sachant qu’elles connaissent bien la faiblesse de l’humain et sont prêtes a affronter ces faiblesses sans flancher, et ne  rentrent pas dans la logique sans foi ni loi nos sociétés. 
    J’avoue plus facile a dire qu’a faire. Mais franchement deja pour comprendre ça et ressentir ça sincerement c’est deja beaucoup. Parce que souvent on le fait mecaniquement de maniere « innée » sans se rendre compte ou mesurer l’importance et les consequences pour nous meme.  Apres quand c’est fait c’est le premier pas vers une concretisation  de tous et donc une belle evolution dans sa vie, hincha’Allah. 
    Ps: mon commentaire c’est un peu la reinterpretation de ce que j’ai entendu par des imams et conferenciers, et mon propore cheminement. Sachant qu’il n’est pa si singulier, les imams expliquent qu’on a tous besoin de mediter pour mieux se « retrouver » hincha’Allah. 

    Comment by Assia — 07/04/2012 @ 21:56

  15. @ Assia: wa 3alayki assalam wa ra7ma malik al 3alam. Non. Je ne suis plus le lycéen. Je ne suis plus le blogueur que j’ai pu être. Ma conviction profonde, c’est que notre vie est une succession de vies. Et, par voie de conséquence, de petites morts.

    Comment by Samir — 07/04/2012 @ 22:17

  16. @Samir: Beaucoup de bloggeurs se lancent dans l’indépendance. Ils montent leur petite affaire et se font connaitre par le seul moyen de communication digne de ce nom: le téléphone arabe. Le meilleur exemple que je connaisse, il doit être l’un de tes amis, est Khalid el bahji (à qui je viens de réserver un exemplaire et dont j’attends avec impatience qu’il soit entre mes mains).

    @Maitre Mot: Une tuerie la fin de ton texte

    @Assia: Entièrement d’accord avec toi. Comment se comporter dignement, tendre la main à ceux qui en ont besoin, tout en évitant de se la faire bouffer??
    Je me rappellerais toujours ce jour où « un grand frère » me fit découvrir ce célèbre adage: trop bon, trop con. Chez nous l’empathie fait partie de l’éducation, mais comme tu dis, elle n’est pas qualité dans cette société. Faut-il être D.Jekyll et/ou M.Hyde? Adapter son comportement avec tel ou tel interlocuteur? Au final, on oublie qui on est et on joue un rôle dans cette vaste pièce de théâtre…

    Comment by guergar&louz — 07/04/2012 @ 23:22

  17. @ guergar&louz: Yep, j’ai vu pour Khalid. Il va tout déchirer inchallah.

    Comment by Samir — 07/04/2012 @ 23:26

  18. @Samir : j’adore tes phrases de sagesse. Mais je connaissais pas cette forme de salut : « wa 3alayki assalam wa ra7ma malik al 3alam. » Ibnou ‘Arabique ?

    @guergar&louz : merci mon gars, c’est une histoire vécue. Un client tellement nerveux, qu’il m’a fallu écrire pour ne pas hurler :)
    Tiens un petit dernier pour la route (si le vrai maître me le permet)

    Le relou
    L’homme était trapu, de taille moyenne, un sourire niais tranchait son visage poupin au teint huileux. Il arborait la face grave de celui qui estimait ses paroles dignes d’être écoutées. Après m’avoir assommé de monotones et éreintants soliloques, je commençais à tituber psychiquement. Une envie irrépressible de hurler me chatouillait la glotte et les muqueuses nasales me criaient leur dégoût de se trouver dans la proximité d’une telle exhalaison buccale infecte. L’homme ne lâchait rien. Tout y passait. Il salivait sa rancœur dans un déballage malsain et répugnant à propos des tares diverses et profondes des membres de sa famille, que seule la propension au drame semblait unir.
    Après avoir usé toutes les facettes de l’empathie déguisée – qu’un souci commercial faisait passer pour une écoute attentive – diverses scénarii s’offraient mentalement à moi, dont le plus aimable consistait en une série de mouvements saccadés entraînant la pointe de ma chaussure contre le visage de cet homme maudit par la vie.

    Comment by Maître Mot — 08/04/2012 @ 01:22

  19. @Samir: C’est ton point de vue, mais pourquoi cet article alors? Intitulé en plus « est-ce moi »? 
    Par ailleurs c’est sûr qu’on evolue mais l’innocence et la simplicité d’esprit qu’on a quand etant plus jeune n’est,  elle pas obligee de « mourir » parce qu’on a grandi, ou autre. La je ne dit pas de garder la personnalite qu’on avait etant enfant, seulement l’innocence qu’on avait en regardant le monde, la douceur qu’on portait a autrui ( pck on savait pas encore a quel point  l’etre humain pouvait etre versatile, un jour gentil demain on se prend un couteau dans le dos). Mais peut importe, la je parle de « nous meme », etre  sympa pr ns meme, sourire a la vie le plus simplement du monde pour nous meme. Peut etre as-deja lu, Foulexpress de Marwan Muhammad. Ex trader qui a quitter son job, et cherche a voir le monde avec de nouvelles lunnettes.
    @Gergar&louz: Merci, et c’est vrai que c’est hallucinant a quel point l’empathie et toutes ces belles choses se terminant en ie, ne sont pas des qualites appreciées a leur juste valeur dans nos societes.Le monde c’est « la jungle », soit on choisit de transformer en chacal nous aussi on rentre dans le jeu pas de sentiments ou le moins possible au  risque comme tu l’as dit d’oublier qui on est …. Soit  on vise la noblesse et s’imposent par un certain charisme, en restant prets  a sortir les cros si il le faut mais prefere habiller notre comportement de qualités plus vertueuses. Parce que celui qui suit la majorité gens risques   tout simplement de s’egarer:
    « Et si tu Obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t’égareront du sentier d’Allah. »  (Al-Anam/116)
    Le but de notre creation est d’adorer Allah swt, a partir du moment ou on delaisse les actes recommandés par notre noble religion on se sent mal frustrer insatisfaits…  Donc c’est pas etre schyzo, que de repondre a ce pourquoi on a eter creer. Etre doux quand y faut, et rude ou du moins intransigant quand il faut c’est « regler » son comportement sur le juste milieu. C’est un travail d’une vie parcontre c’est sûr. Et pour ma part je suis encore loin d’appliquer tout ça correctement…. Que Allah swt nous facilite. 
    Ps @Samir: moi aussi je ne connaissais pas cette forme de salutation. 

     

    Comment by Assia — 08/04/2012 @ 06:41

  20. @ Assia et Maitre Mot: Pour la salutation, on en apprend tous les jours :)

    @ Assia: Tu l’as dit, on ne garde pas la même personnalité d’un stade à l’autre de sa vie. J’affirme donc qu’on n’est plus la même personne à ces moments différents de l’existence. Je ne parle pas d’une caractéristique en particulier genre la douceur ou l’innocence. Je parle de personnalité, d’un assemblage de traits de caractères qui fondent ta personne à un moment donné. Avec quelques couleurs primaires on fait une infinité de couleurs.

    Comment by Samir — 08/04/2012 @ 07:42

  21. Salam’ 3alaik Samir.

    Ce billet arrive à point,

    à un moment où se dessine dans mon esprit le cheminement de ma vie… et où je me rends compte que l’avancée n’est pas encore significative pour pouvoir jeter un regard, en arrière, sur le passé, que le résultat du calcul coûts – avantages de l’ensemble de mes décisions d’homo-oeconomicus (parfois d’homo-islamicus) n’est pas encore aboutit et que l’impatience veut de plus en plus prendre le pas sur l’exigence pour cramer « ces expériences {qui} font parties de l’indicible »

    Enfin, avec ce texte je comprends que la vie est une succession de vies… mais aussi de signes… qu’il faut savoir interpréter – une sorte de balise clignotante comme ce texte – comme envoyée par Lui.

    Wa Allah ou a3lem.
    Thank’s Samir.
    L’indépendance a eu du bon dans le rap… et il en a dans la littérature: je déguste les inédits de l’Ami Khalid El Bahji… je serais heureuse de pouvoirs lire tes écrits, reliés et annotés ;-) en indé.

    Comment by Neb-Neb — 08/04/2012 @ 10:52

  22. @Maitre Mot: T’as du talent gros. Comme quoi y a du bon dans les jobs étudiant ;)

    @Assia: Tu dis « Etre doux quand y faut, et rude ou du moins intransigant quand il faut c’est « regler » son comportement sur le juste milieu » je pense qu’il n’y a rien de mal à être intransigeant.
    Par contre le véritable problème de notre société, c’est d’être « faux ». Savoir que l’on se ment à soi même lorsque l’on prend tel ou tel décision. En gros, se montrer hypocrite.
    Mais comme tu dis faire preuve de noblesse, de patience -et je pense que les rencontres que l’on fait joue aussi un rôle- sont les seuls moyens d’être en accord avec soi-même… Toujours aussi facile à écrire mais les rancœurs en compliquent l’application.

    Comment by guergar&louz — 08/04/2012 @ 13:41

  23. @gergar&louz: ouai c’est super vrai ce que tu dis. Il y a beaucoup de situations où c’est pas evident de faire ce qu’on veut. Je sais  pas si c’est de l’hyporcise pure et dure mais ça tend vers….
    Concernant les amis, j’aurais pas dit mieux. C’est une grande galere….dur de faire le tri. De trouver ceux qui nous aideront a parfaire notre comportement. J’en connais tres peu qui ne tentent pas de me la faire a l’envers en pensant que je suis trop naive, mais rien que sa ça me vas…. Lol
    Quant au reste c’est respect mais chacun a sa place. Et si j’ai compris une chose dans ma petite vie, c’est que le vrai amitié ça se donne pas ça merite. 
    Bon,  courage a tous et ça fait plaisir!!! Que Allah vous preserve.  
    Salam ! 

    Comment by Assia — 08/04/2012 @ 15:46

  24. @Samir : t’es doué. Quand on te lit ça semble tellement fluide, simple, évident.
    Hâte de lire tes poèmes. Bon on arrête la pommade sinon tu vas encore nous lâcher…lol

    Par contre, j’ai deux questions :
    - est-ce que le texte de Khalid Al Baghdadi est le texte d’origine? celui que tu as écris alors que tu étais étudiant?
    - du coup, il date de quand?

    PS : promis j’arrête de changer de pseudo.

    Comment by H — 08/04/2012 @ 18:20

  25. Cet article est absolument génial. Je pense qu’il nous fait prendre conscience que nous sommes en constante évolution. Ainsi cela soulève une difficulté : comment pouvons-nous alors savoir qui nous sommes?

    Comment by Hortense — 08/04/2012 @ 18:34

  26. @ H: Choukrane :) Mais tu te doutes bien que je ne vais pas répondre aux questions suivantes. C’est très malin de ta part, mais on apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. Ce texte date de quelque temps avant le premier blog :)

    @ Hortense: Merci! :) Pour répondre à ta question, je pense que le premier principe c’est de ne pas se mentir à soi-même. De se regarder de façon lucide. Et d’accepter ce qu’on voit. Ca commence comme ca.

    Comment by Samir — 08/04/2012 @ 18:50

  27. Un de mes posts préférés depuis quatre ans que je te lis Samir… genuine et empreint d’une douce tendresse.
    High time you become a father my friend. The urge for transmission is obviously there.

    Comment by Malak — 08/04/2012 @ 19:32

  28. @ Malak: C’est chou ;)

    Comment by Samir — 08/04/2012 @ 19:35

  29. @ Neb – Neb: wa 3alayki assalam wa ra7ma malik al 3alam. Merci pour ton commentaire qui me fait très plaisir. Content qu’il puisse répondre à un moment de ta vie. C’est aussi pour ça que j’écris ;)

    Et pour l’indépendance, that’s for sure. Je réfléchis au mode opératoire. Mais, surtout, I need to get back to work. La plume et l’encrier, y a que ce a de vrai.

    Comment by Samir — 08/04/2012 @ 19:50

  30. ma foi, qui ne tente rien n’a rien…

    non mais au moins est-ce que tu peux nous dire s’il s’agit bien du texte d’origine? je parle toujours de l’article « Khalid Al Baghdadi ».

    Comment by H — 08/04/2012 @ 19:57

  31. @ H: yes, madam. A la virgule près. Why?

    Comment by Samir — 08/04/2012 @ 20:14

  32. @ Samir : Merci de cette réponse très constructive! :) et je suis parfaitement d’accord. Tentons dans ce cas de savoir qui nous désirons être. En nous donnant les moyens, nous pouvons effectuer des choix pour justement parvenir à s’accepter.

    Comment by Hortense — 08/04/2012 @ 23:14

  33. @Samir : parce qu’il est très bien écrit aussi, d’autant plus que tu étais un plus jeune.

    Perso, quand je relis les textes que j’avais griffonné lycéenne je suis MDR. D’ailleurs, je m’en suis débarrassée il y a peu… J’aurai tant aimer savoir assembler les mots. Je me suis faite une raison, c’est un don qui n’est pas donné à tout le monde. Alors, je me contente de lire ceux des autres. Et puis, rien que pour l’orthographe ils m’auraient supplié d’arrêter de les torturer.

    Comment by H — 09/04/2012 @ 06:44

  34. @ H: Merci :) Mais tu n’aurais pas du arrêter d’écrire. C’est une question de travail. Pas de don. Essaie de trouver des gens autour de toi et crée un atelier d’écriture… ou inscris toi dans un de ceux qui existent près de chez toi. Ca demande toutefois beaucoup de travail. On arrive pas à trouver sa voix avant des années. Et le timbre de cette voix changera encore (légèrement) à mesure que les années passent.

    Comment by Samir — 09/04/2012 @ 08:01

  35. Je m’en doutais..qu’il y avait de toi dans Khalid el Baghdadi. Je ne saurais expliquer pourquoi.

    Cela ne m’inspire néanmoins q’une chose, beaucoup d’admiration, et qu’une envie, que tu continues.

    PS : quant on voit la mélasse qui se vend à des millions d’exemplaires (Musso, Levy..), c’est un devoir ;-)

    Comment by Balkis — 09/04/2012 @ 17:22

  36. @Samir : Peut-être que ce n’est pas un don, mais il est évident que certains ont des facilités.

    Pour l’atelier d’écriture, je crains qu’on y formate plus qu’autres chose…En tout cas merci pour tes conseils.

    @Balkis : Mille fois d’accord avec toi !

    Comment by H — 09/04/2012 @ 19:02

  37. @ Balkis: Merci :)

    @ H: Mais je t’en prie. Et tu n’as pas tort concernant le formatage. C’est vrai de toute institution qui prétend te former cela dit.

    Comment by Samir — 09/04/2012 @ 19:04

  38. @guergar&louz : merci pour ton compliment kho :)

    Comment by Maître Mot — 10/04/2012 @ 14:13

  39. « Suis-je ce garçon si peu sûr de lui-même? Ou bien suis-je celui moins innocent mais plus en colère qui a sué par tous les pores de sa peau pour pouvoir se payer ses études? Je me revois à porter des thons de 25 kg dans un entrepôt à -4°C. A « faire » des sacs de glace de 50 kg. A supporter l’odeur des déjections de la mer. Odeur dont je me débarrassais avec grand mal sous la douche. Puis j’enchainais ma journée par un job de garde de nuit dans un grand hôtel. Je voyais ces capitaines d’industrie infidèles défiler, flanqués d’escorts dissimulées derrière des lunettes noires. Ca baisait au champagne. Moi c’était le monde que je voulais baiser.  » Purée… J’ai relu ce passage dix fois et le refrain de TPAIN me reviens en tete « Realest shit I ever wrote / Chillin in my Maybach / Whatever I send out / Homie imma make back »… Akhi your words… they fuel me… Tes mots chuchotent dans mon oreille la nuit quant je bosse mes tableaux excel… quant que je suis debout sous la douche a 5H00 du mat a un café du coup d’envoi de ma journée digne des 12 travaux d’heracles… keep it comin »

    Comment by Smoothtalker — 10/04/2012 @ 23:29

  40. PS: ecrit nos un livre charge de cette rage de réussir et j en prend 10 en pres commande… period!!!

    Comment by Smoothtalker — 10/04/2012 @ 23:32

  41. Encore….
    <3

    Comment by Julie — 12/04/2012 @ 21:04

  42. @ Julie: Gourmande

    Comment by Samir — 13/04/2012 @ 19:44

  43. Bravo Cher Samir,
    C’est toujours ce truc mystique que je trouve sans rien attendre: se surprendre en trouvant toujours de quoi nourrir son esprit par tes diverses grilles de lectures d’expériences, de vie… Putain! Merci :)

    Comment by Sakura — 15/04/2012 @ 21:44

  44. @ Sakura: you’re welcome :)

    Comment by Samir — 16/04/2012 @ 11:55

  45. Salam,

    l’impression de déjà vu, déjà rêvé, mais en lecture. Je viens de lire un bout de ma vie, un morceau de mon quotidien mais vécu par quelqu’un d’autre, cependant avec les mêmes pensés, la même philosophie, la même conclusion. Depuis le temps que je lis tes articles, jamais l’un d’entre eux n’avait pointé mon cœur de cette façon.

    Bravo khey.

    Comment by azzedine — 16/04/2012 @ 13:02

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