Vendredi, avril 27, 2012

2 SEMAINES. UNE ETERNITE

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François avait le regard vide. Ses presque 29% et cette pôle position l’avaient sonné sur place. Il ne s’attendait pas à finir en tête. Il avait accepté le « croisement des courbes » comme une fatalité. En privé, il en avait attribué la responsabilité à ce diable de Mélenchon, qui avait puisé allègrement dans son réservoir d’électeurs les plus à gauche. Ceux qui avaient voté Montebourg à la Primaire. Ceux qui le pensaient toujours inféodé au Grand Capital en dépit de sa déclaration de guerre à la finance spéculative. Il avait anticipé le gros score du Front de Gauche et avait échafaudé des éléments de langage et un « programme bis » reprenant les « idées force » de Jean Luc. En public, il s’était contenté de reconnaître la bonne campagne menée par son ancien camarade de parti tout en faisant preuve de fermeté: « mes 60 propositions. Pas plus. Pas moins. Pas de négociations prévues avec qui que ce soit ». C’est Pierre qui l’avait appelé en premier: « Mélenchon est en train de prendre le bouillon. Il fera 10 peut-être 11%. J’amène le champagne ». Les vents étaient plus que favorables et Jean Luc le Rouge avait appelé à voter pour lui. Sans conditions.

Un parfum d’abricot le sorti de sa rêverie: une petite stagiaire, d’une blondeur de céréale, venait de lui glisser le dernier sondage CSA. Il était donné vainqueur au second tour à 55%. Sarkozy allait mordre la poussière. Tout le monde souriait autour de la table, échangeant bons mots et compliments. François n’était pas dupe. Chacun pensait déjà à l’après. Des équipes s’étaient constituées en vue d’hypothétiques nominations. « Vous connaissez pas la meilleure, le nain veut 3 débats » avait lâché un Manuel Valls anxieux. « Hors de question » avait répondu François, d’un ton solennel. Il se voyait déjà faire la même réponse dans ses habits élyséens. Et il aimait ça.

Encore deux putain de semaines.

Que c’est long. Il voulait déjà être au 6 mai. Cette campagne l’avait épuisé. Le parfum d’abricot vint à nouveau chatouiller ses narines. Elle souriait. « Je vous sers? » Les hanches de la bouteille de coca suintait de givre. François n’avait d’yeux que pour ses hanches à elle.

Deux putain de semaines.

Il s’enferma de nouveau dans ses pensées. Comme c’est étrange, se dit-il, que la vie soit si courte, qu’il nous soit donné si peu d’instants ici bas et que nous souhaitions, malgré tout, qu’ils passent plus vite. Nous passons notre existence à mater les horloges dans l’espoir que les minutes et les heures s’écoulent plus rapidement. Que les jours et les semaines s’effacent. Etrange impatience quand on sait qu’une telle accélération nous précipite vers notre tombe. Nous gaspillons la magie de ces moments et prions, dans le même souffle, que d’autres nous soient accordés.

Il noya ces idées dans le liquide brun et glacé. Ces réflexions auront toute leur place quand il s’agira d’écrire ses mémoires de Président. Demain est le premier jour de ces deux semaines.

Deux putain de semaines. Que c’est long.

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posted by Samir at 09:17  

Mardi, avril 24, 2012

L’AGENDA DE MALAK – MAI 2012

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CONFERENCES/ DEBATS

• 04/05/2012 : Dans le cadre du séminaire La décolonisation des savoirs – Pour une géographie postcoloniale de la connaissance de l’Université Paris-Est Créteil (ED CS – EA LIS), à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, 190 avenue de France, 75013 Paris

- « Recherches sur la mémoire de l’esclavage à la Martinique. Décoloniser le savoir sur un moment colonial », Christine Chivallon (Science Po Bordeaux)
- « Narcissisme occidental et mission civilisatrice », Françoise Vergès (Goldsmiths, University of London)

Informations : http://decolonisationsavoirs.wordpress.com/
Matthieu Renault decolonisation.savoirs@gmail.com

• 05/05/2012: Conférence-débat «Où en est l’Iran ? » organisée par l’Institut de Recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO) dans le cadre de son université populaire, 5, rue Basse-des-Carmes 75005 Paris

- « Les sources idéologiques de la révolution iranienne » : Yann Richard (professeur d’études iraniennes, université Paris-III) ;
- « L’Iran dans la géopolitique du Moyen-Orient » : Azadeh Kian (professeur de sociologie, université Paris-VII) ;
- « Où en est la société iranienne ? » : Bernard Hourcade (directeur de recherche, CNRS).

Informations : 01 43 29 05 65
http://iremmo.webou.net/ Email : infos@iremmo.org

• 15 et 16/05/2012: Colloque de l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire, Le Renseignement et l’Asie, de 1945 à nos jours, en partenariat avec l’Umr-Irice 8138 et l’Université Paris IV-Sorbonne.
A la Maison de la Recherche, 28 rue Serpente 75006 Paris (le 15/05)
A l’Ecole Militaire, amphithéâtre Desvallières, 1 place Joffre 75007 Paris (le 16/05)

« De la défaite nippone, en 1945, à la récente affaire Bo Xilay en Chine, l’Asie n’a pas cessé de mettre les services de renseignement au défi. La France a joué dans cette région un rôle important, comme acteur de la guerre en Indochine, puis au service de la paix, de la stabilité et de l’intégration régionale. S’il est aujourd’hui moins directement impliqué dans les grands enjeux asiatiques, notre pays ne peut pourtant s’en désintéresser.
À la croisée de deux axes de recherche développés par l’Irsem – les enjeux stratégiques en Asie orientale depuis 1945 et l’histoire du renseignement –, ce colloque est l’occasion de dresser un premier bilan des études françaises et des sources disponibles, de les comparer avec celles qui ont été développées aux États-Unis et en Grande-Bretagne, et de tracer de nouvelles perspectives. Il bénéficie de la présence d’experts, de chercheurs et d’anciens responsables ou membres des services secrets français. »
Infos, programme et inscriptions :

http://www.defense.gouv.fr/irsem/page-accueil/nos-evenements/le-renseignement-et-l-asie-de-1945-a-nos-jours-15-et-16-mai-2012

inscription.irsem@defense.gouv.fr

• Du 22/05 et 29/05/2012 : Dans le cadre du cycle conférences Révolutions dans le Monde Musulman de l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (EHESS), Amphithéâtre de l’EHESS, 105 bd Raspail 75006 Paris

- 22 mai : « L’Arabie séoudite et les révolutions arabes », Bernard Haykel, Professor of Near Eastern Studies, Director the Transregional Institute Princeton University,
- 29 mai : « La sortie de l’autoritarisme dans le monde arabe : quels acquis et quels défis? », François Burgat, directeur de recherche au CNRS (IREMAM, Aix-en-Provence), directeur de l’Institut français du Proche-Orient.

Infos : marie-helene.bayle@ehess.fr

http://iismm.ehess.fr/index.php

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EXPOSITIONS

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• Jusqu’au 25/06/2012: Exposition La Sainte Anne, l’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci, Hall Napoléon au Musée du Louvre 99, Rue De Rivoli 75001 Paris

« Chef-d’œuvre de Léonard de Vinci restauré avec le concours du Centre de recherche et de restauration des musées de France, la Vierge à l’Enfant avec sainte Anne est au cœur d’une exposition exceptionnelle rassemblant pour la première fois l’ensemble des documents liés à ce panneau.(…)La présentation d’autres œuvres peintes de Léonard de Vinci permet par ailleurs de montrer en quoi la Sainte Anne est le véritable aboutissement des multiples et diverses recherches de l’artiste sur la nature et l’art.
Afin de donner toute sa dimension au caractère novateur de cette œuvre, l’exposition s’attache également à la replacer dans la tradition iconographique liée à son sujet (la Vierge à l’Enfant avec sainte Anne) et s’intéresse à l’influence considérable qu’elle exerça sur l’art italien du début du XVIe siècle. »
Infos : 01 40 20 53 17

http://www.louvre.fr/expositions/lultime-chef-doeuvre-de-leonard-de-vinci-la-isainte-annei

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• Jusqu’au 17/06/2012: Exposition Dies Irae de Paolo Pellegrin, à la Maison européenne de la photographie, 5-7, rue de Fourcy 75004 Paris.
« Cette exposition, la première grande rétrospective consacrée au travail de Paolo Pellegrin, rassemble quelques 200 tirages de séries et reportages dont: le Cambodge, le Kosovo, l’Irak, le Darfour, la Palestine/Cisjordanie, l’ouragan Katrina, le Tsunami, Gaza, Haïti, l’Afghanistan et le Liban, l’Iran – autant d’étapes incontournables d’un parcours journalistique sans faute et d’une vision portée par la passion et le talent. »
Infos : 01 44 78 75 00

http://www.mep-fr.org/

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Jusqu’au 23/06/2012: Exposition Humour, parodie et vidéos – Créations vidéo du Japon contemporain パリに笑壷を運ぶ」 現代日本映像作品展, à la Maison de la Culture du Japon à Paris 10, bis Quai Branly 75015.
« Rires de joie et de bonheur, mais aussi rires provoqués par une situation absurde ou décalée, humour noir critique de la société… Le rire se décline de mille façons et exprime toutes sortes d’émotions. Mais qu’est-ce qui fait rire les Japonais ? L’humour est-il le même à Tôkyô et à Ôsaka ? Eléments de réponses avec les œuvres vidéo de créateurs contemporains qui, nous l’espérons, vous feront sourire ou rire aux éclats ! »
Infos : 01 44 37 95 01

http://www.mcjp.fr/

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CONCERTS/ SPECTACLES

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• Du 22 au 31/05/2012 : Concert Cosi Fan Tutte de Wolfgang Amadeus Mozart par le Chœur du Théâtre des Champs-Elysées, 15, avenue Montaigne 75008 Paris

« Così Fan Tutte est certainement, de tous les opéras, celui où l’érotisme affleure de la manière la plus poignante. Mais pour chacun, cet érotisme recouvre des significations différentes, morales autant que sensuelles, ainsi que la tradition du courant libertin nous l’a enseigné. Le XIXe siècle avait condamné Così à l’oubli en lui reprochant justement son immoralité. (…) Ce qui aurait pu devenir un strict manuel de savoir aimer s’incarne ici dans une trame sonore d’une infinie délicatesse. (…)Cela nous laisse au final un curieux sentiment d’amertume sur la nature humaine, mêlé pourtant d’une impression d’intense jovialité. »

Infos : 01 49 52 50 50

http://www.theatrechampselysees.fr/

• 23/05/2012: Concert Dionne Warwick à l’Olympia, 28 boulevard des Capucines 75009 Paris

«Chanteuse au timbre de voix cristallin et sophistiqué, Dionne Warwick est la voix des chansons immortelles, une des plus grandes icônes soul et pop des années 1960. C’est avec sa sœur, Dee Dee, et sa tante Cissy Houston (future chanteuse soul, mère de Whitney Houston), que Dionne Warwick monte le trio des Gospelaires, qui accompagne certains chanteurs de renom (Ben E. King et The Drifters)…»

Infos : 08 92 68 33 68

http://www.olympiahall.com/jazz-blues-classique/dionne-warwick.html

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• 26/05/2012: Concert Chants de Jérusalem avec Reem Talhami, Auditorium Rafik Hariri, Institut du Monde Arabe, 1, rue des Fossés Saint Bernard 75005 Paris

« (…) Palestinienne originaire de Galilée, Reem Talhami se passionne pour la musique dès son jeune âge, et, à 17 ans, elle quitte son village de Shfa’Amer, près de Nazareth, pour s’installer à Jérusalem, où elle étudie la musique à l’Université hébraïque et le chant à l’Académie de musique Rubin. Musicienne complète, Reem est aussi professeur et comédienne. (…) Avec sa voix fascinante, Reem chante l’amour, la maternité et la politique, sincèrement et sans craindre d’aborder des sujets tabous. »

Infos : 01 40 51 38 14

http://www.imarabe.org/musique/chants-de-jerusalem

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• Du 09/05 au 19/05/2012: Spectacle TeZukA par Sidi Larbi Cherkaoui, Grande Halle de la Villette 211, avenue Jean Jaurès 75019 Paris

« Sidi Larbi Cherkaoui (…) a raffiné une formule spectaculaire unique, entre lyrisme à fleur de peau et urgence à l’arrache, qui emporte et émeut à la fois. Cette nouvelle production, sous l’influence du dieu des mangas, l’écrivain japonais Osamu Tezuka, le père d’Astro Boy et Buddha, Cherkaoui plonge dans l’intrépide énergie de la bande dessinée nipponne, son sens aigu de l’irréalité et des exploits physiques. Neuf danseurs, trois musiciens, deux experts en arts martiaux et un calligraphe, tous originaires d’Europe ou d’Asie, se lanceront à corps perdus sur les traces électriques de héros bouillonnants, entre tradition japonaise, science-fiction et vie d’aujourd’hui. Un bain de sensations secouant garanti. »

THEATRE/ LECTURES/ AND MORE

• 19/05/2012: dans le cadre de La Nuit Européenne des Musées

Musée des Arts et Métiers, 60 rue Réaumur, 75003 Paris

Mystère aux Arts et Métiers, de 18h à minuit.

Dans l’ancien prieuré Saint-Martin-des-Champs devenu aujourd’hui le Conservatoire des Arts et Métiers, des voix étranges se font entendre chaque nuit depuis le Moyen-âge, laissant croire que le lieu est hanté… Saurez-vous découvrir l’explication de ce phénomène? Vous aurez besoin d’indices que vous pourrez collecter en participant à la résolution d’autres grandes énigmes scientifiques :

- 18 h et 20 h 30 : Lavoisier et les alchimistes.
Les anciens alchimistes avaient, certes, toutes sortes de théories sur les éléments « purs »… Mais venez découvrir comment Lavoisier a su résoudre le mystère de la composition de l’air et de l’eau !
- 18 h 30 et 21 h : Les fantasmagories de Robertson
Un frisson, une image… Soyez nombreux à assister aux spectacles de lanterne magique inspirés des fameuses fantasmagories qui terrifiaient les spectateurs du XVIIIe siècle…
- 19 h et 21 h 30 : Le mystérieux fluide électrique, quel nom mystérieux !
Revivez les étonnantes expériences des cabinets de physique du siècle des Lumières pour comprendre où tout a commencé…
- 19 h 30 et 22 h : Le théâtre des automates
Il se trame des choses étranges au Musée… Tableaux animés, automates androïdes ou pianos mécaniques s’animent la nuit quand tout Paris est endormi ! Cela vous intrigue-t-il ? Le théâtre des automates en est la clef…
- 20 h et 22 h 30 : Le pendule de Foucault
Venez voir de vos propres yeux l’expérience qui a permis de donner une réponse à l’une des plus anciennes énigmes que l’Homme s’est posée : la rotation de la Terre.

Infos : http://www.arts-et-metiers.net/musee.php?P=214&id=398&lang=fra&flash=f

• Du 02/05 au 01/07/2012 : Théâtre Eloge de l’oisiveté de Dominique Rongvaux- d’après Bertrand Russell, Théâtre de Belleville, 94 rue du faubourg du temple 75011 Paris.

« Il y a deux sortes de travail : le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière se trouvant à la surface de la terre ou dans le sol ; le second, à dire à quelqu’un d’autre de le faire. » (B. Russell)

Réflexion autour de la valeur du travail, « Éloge de l’oisiveté » est une flânerie joyeuse à la découverte des routes parallèles empruntées par ceux qui, de tout temps, échappèrent au dogme de l’activisme. Et si l’oisiveté nous mettait sur la voie d’une société plus juste favorisant l’épanouissement de chacun ?

Infos : http://www.theatredebelleville.com/index.php?option=com_content&view=article&id=38:a-laffiche-gtout-public-g-eloge-de-loisivete&catid=2:uncategorised&Itemid=117

• La Promesse de l’aube de Romain GARY, mise en scène Bruno ABRAHAM-KREMER, Corine JURESCO, au théâtre Petit Saint-Martin, 17 Rue René Boulanger 75010 Paris

« Romain Gary raconte son enfance en Russie, en Pologne puis à Nice, le luxe et la pauvreté qu’il a connu tour à tour, son dur apprentissage d’aviateur, ses aventures de guerre: en France, en Angleterre, en Afrique. Il nous raconte surtout le grand amour de sa vie: Nina Borisovskaia, sa mère. (…)Le caractère de cette Russe chimérique, idéaliste, éprise de la France, mélange pittoresque de courage et d’étourderie, d’énergie indomptable et de légèreté, de sens des affaires et de crédulité, prend un relief extraordinaire. (…) »

Infos : 0142023282
tpsmbilletterie@gmail.com

BONUS

Du 16 au 20 mai: Blaze, The Show au Grand Rex, 10 boulevard Poissonnière 75010 Paris

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Infos: http://blazetheshow.com/fr/actualites/hello-paris-here-is-blaze/55/
Billets: http://www.ticketnet.fr/manifestation/idmanif/253124

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2/ Du 18 au 26 mai: Festival des Cultures Urbaines, Paris 12ème

Infos: http://www.festivaldesculturesurbaines.fr/animravel/cultures_urbaines/page/public/Default.aspx

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posted by Samir at 22:03  

Jeudi, avril 19, 2012

PROGRAMME DE LA JOURNEE

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Merci à Julie.

Et en parlant de lecture, je t’invite à lire l’interview de La Rumeur dans Le Monde. Monumental.

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posted by Samir at 20:32  

Mercredi, avril 18, 2012

DOM’ LA CLASSE

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Le premier tour des élections présidentielles approche. Je serai à l’étranger au moment où les français prendront leur décision dans l’isoloir. Et comme je n’aime pas qu’on choisisse pour moi, j’ai donné procuration à un mandataire afin qu’il fasse entendre ma minuscule voix. Une goutte dans un fleuve, j’en conviens. Mais un fleuve qui grossit. Un fleuve qui gronde. Un fleuve qui va tout emporter, à commencer par le capitaine du rafiot et sa ritale haut de gamme, ramassée au hasard d’une beuverie chez un vieux publicitaire qui ne compte plus. Quelque temps après la défaite, elle le quittera, lassée de ses ruminations dépressives. « Plus personne ne m’aime, Carla ». Elle reprendra sa mandoline en même temps que le chemin des studios. Lui, fera bien ce qu’il veut. Avocat. VRP de luxe. Où alors, il écrira ses mémoires.

J’oubliais : il ne sait pas écrire.

Ils ne sont pas nombreux les candidats capables de commettre leurs livres eux-mêmes. Mélenchon et Bayrou, tous les deux fins lettrés, font figure d’exception. Mais le plus lyrique d’entre eux n’est pas là. Il a échoué dans sa course aux 500 signatures. Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin auteur respecté de biographies napoléoniennes et autres savants travaux collectifs manque cruellement à l’appel. De Villepin. Le beau gosse de la classe politique française. Le Jack Kerouac de la Chiraquie. Poète et historien à ses heures, fin diplomate et expert reconnu en matière de politique étrangère, figure légendaire du refus de l’invasion irakienne, De Villepin se terre dans son hôtel particulier. Pas de consigne de vote pour le premier tour. Il n’en donnera vraisemblablement pas au second. Lui et Sarkozy se détestent avec une rare violence. J’ai maté le documentaire « Les Fauves », qui retrace la rivalité historique entre les deux hommes. C’est passionnant. On y découvre un Sarkozy fidèle à lui-même, jusque dans les coulisses de la scène politique : l’outrance et l’exagération y disputent à la mauvaise foi et à ce profond besoin d’être aimé qui, s’il n’était pas aussi ridicule chez Sarkozy, nous attendrisserait presque. Celui qui surprend, c’est De Villepin. Sous ses airs de gendre idéal se cache un bad boy avide prêt à tout pour s’emparer des rênes du pouvoir. Il garde ses manières onctueuses pour les caméras. En privé, il est infiniment plus brutal. Sarkozy ? Il ne l’appelle jamais par son nom. Pour lui, il est « le nabot ». « Le gesticulateur précoce ». Il n’a pas de mots assez durs pour décrire le plus médiatique des 7 nains. « Nicolas n’a pas l’étoffe d’un homme d’Etat. Parce qu’il n’a pas de labyrinthe intérieur (…) Avec Sarkozy, tout est là, sur la table, en libre-service. Certains prennent ça pour de l’arrogance, de l’agressivité. En réalité, c’est de la faiblesse. » Quand Sarko trahit Chirac au profit de Balladur avant les élections présidentielles de 1995, il est le seul à croire aux chances du Maire de Paris. « Les balladuriens, on va les baiser avec du gravier ». Même Booba n’aurait pas osé écrire une punchline pareille. Chirac élu, DDV en deviendra le protégé. L’éminence grise. D’abord Secrétaire Général puis Ministre des Affaires Etrangères avant de prendre l’Intérieur pour finir, en beauté, à Matignon (la génération CPE s’en souvient encore). L’ascendant que DDV a pris sur Chirac est tel, qu’il se laissera aller à cette confidence : « Ce type n’a rien dans le crâne. C’est moi son cerveau. Je le guide ». Après le « non » cinglant au référendum sur la constitution européenne, Chirac décide de faire sauter le fusible Raffarin et de nommer Michèle Alliot-Marie. DDV s’invite dans le bureau du Président et tente de le faire changer d’avis. Il y parviendra. « Chirac ne m’a pas nommé Premier Ministre. Je me suis imposé. J’ai violé Chirac ». Avec ce langage fleuri, DDV pourrait tenir le pavé de n’importe lequel de nos quartiers. Mar7aba bik Dom’. Passe quand tu veux.

Et quand Cécilia s’enfuit en Jordanie pour y retrouver son amant Richard Attias, DDV a ses paroles (peut-être) prophétiques : « Un mec qui n’est pas capable de garder sa femme ne peut pas garder la France ».

On verra le 6 mai.

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posted by Samir at 16:17  

Lundi, avril 16, 2012

AALIYAH

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Aaliyah.

On ne peut réprimer un soupir en prononçant le nom de celle dont le talent renvoie Beyoncé, Rihanna et Keysha Cole à leurs chères études de vocalises. Muse de Timbaland, qui l’appellait affectueusement « baby girl », et interprète favorite de Missy, Aaliyah avait mis à genoux toute la scène RnB devant sa capacité à réinventer un genre tout en respectant ses racines. Chacun de ses ablums a constitué un tournant dans les prods qui suivirent leurs sorties, de sa première collaboration avec R.Kelly, Age ain’t nothing but a number à Aaliyah, album éponyme, en passant par One in a Million.

L’onctuosité de sa voix de soprano surpassait, pour certains, celle, presque trop classique, de Mary-J Blige.
Que Beyoncé se le tienne pour dit, elle ne trône aujourd’hui sur les billboard charts que parce que la vraie Princesse du RnB s’en est allée.

Aaliyah.

« La plus élevée » en langue Arabe. Jamais prénom ne fut mieux porté car, aujourd’hui encore, toutes sont au dessous des nuages qu’elle foule désormais.

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posted by Samir at 07:53  

Samedi, avril 14, 2012

VOTEZ SARKO

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Source: L’Expansion

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posted by Samir at 13:04  

Vendredi, avril 13, 2012

REFUGE

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C’est ici.

Ici où je me suis abîmé pendant de longues soirées d’études, intoxiqué par tous ces livres. L’odeur des parchemins et des papyrus embaumaient l’air ambiant. On y marchait sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger les fantômes de ces grandes figures qui y ont étudié. Quand l’obscurité s’installait peu à peu, je me glissais dans ses rayons comme dans le dortoir des filles. J’y caressais les reliures en cuir de vieux manuscrits. Et mon palpitant s’emballait, comme si c’était l’intérieur d’une cuisse que je frôlais.

Chacun sa luxure.

Je m’y étais retranché. C’était mon Alamut. Les lecteurs de Samarcande savent l’étymologie de ce mot. « Nid d’aigle ». Alors j’y nidifiais tous les soirs, faisant provision de pommes et de café. Je feuilletais à l’abri des regards indiscrets. Je buvais l’encre jusqu’à la cuite. J’étais Apollinaire. Le temps d’une nuit.

Dit comme ça, mon nid ressemble à un troquet. C’était mon refuge.

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posted by Samir at 19:01  

Mercredi, avril 11, 2012

PARADIS

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J’ai essayé d’écrire le Paradis.

- Ezra Pound

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posted by Samir at 09:41  

Lundi, avril 9, 2012

MY NAME IS BOND. JAMES BOND.

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Bond est l’archétype du séducteur qui fait fondre l’anode et la cathode du cerveau féminin. Jusqu’à le rendre inopérant. Toutes cèdent sous les assauts conjugués de son regard bleu polaire et de son accent d’Oxford. Dans Casino Royale, Solange, femme d’un narcotrafiquant, succombe au mytérieux charme de l’agent du MI6, et en fait les frais. Et dans Quantum of Solace, c’est l’Agent Strawberry Fields qui se donne corps et âme… avant de rendre cette dernière. Seule Vepser Lynd, interprétée par la sublime Eva Green, qui semble (temporairement) la plus imperméable au charme de Bond. Et elle ne se gêne pas pour lui faire comprendre:

Vesper (en guise de présentation): Je suis le porte-monnaie.

Bond: On en a pour son argent.

Vesper tend sa carte à Bond

Bond:  »Vesper »? J’espère que vous l’avez fait payer à vos parents.

Vesper: Votre boss a le bras long on dirait, je n’ai jamais vu une somme pareille sortir aussi vite.

Bond: Ni avec autant de classe…

Vesper: Vous voulez dire que ce n’est qu’affaire de probabilités et de risques ? Je croyais qu’il y avait une part de hasard.

Bond: Seulement si on suppose que la meilleure main l’emporte.

Vesper: C’est ce que vous devez appeler « bluffer ».

Bond: Vous connaissez le terme… Vous devez donc savoir qu’un joueur de poker ne mise pas sur ses cartes mais sur le joueur d’en face.

Vesper: Et personne n’a de secret pour vous.

Bond: Rarement. C’est pourquoi je suis à même de déceler des traces de sarcasme dans votre voix.

Vesper: Ca me rassure, notre argent est entre de bonnes mains.

Bond: Vous pensez que ce n’est pas un bon plan, n’est-ce pas ?

Vesper: Parce qu’il y a un plan ? J’avais l’impression qu’on allait risquer des millions de dollars et des centaines de vies sur un simple jeu de hasard. Que devinez-vous d’autre, monsieur Bond ?

Bond: Sur vous, Mademoiselle Lynd ? Que votre beauté pose problème. Vous craignez qu’on ne vous prenne pas au sérieux.

Vesper: Ca, c’est vrai de toutes les filles séduisantes qui ont un peu de cervelle.

Bond: Oui, mais celle-ci veut surcompenser en s’habillant de façon un peu trop masculine, elle est plus agressive que ses collègues féminines, ce qui la rend quelque peu piquante à vrai dire, et elle a paradoxalement moins de chance d’arriver à se faire accepter et promouvoir par ses supérieurs masculins, qui prennent son manque d’assurance pour de l’arrogance. Je crois que normalement j’aurais parié fille unique mais, comme vous n’avez pas relevé ma remarque sur vos parents, je pense miser sur orpheline.

Vesper: D’accord… D’après votre costume vous êtes allé à Oxford ou l’équivalent et vous croyez que les être humains portent ce genre de choses, et vous le faites avec un tel dédain… Je dirais que vous venez d’un milieu modeste, et que vos camarades ne vous l’ont jamais pardonné. Vous devez donc vos études aux bonnes grâces d’une personne étrangère, d’où ce comportement aigri, et comme vous avez tout de suite pensé que j’avais perdu mes parents, je dirais que c’est vous l’orphelin.

Bond: …

Vesper: Oh, vous l’êtes ? Je commence à aimer le poker… Et ça tombe vraiment sous le sens : le MI6 recrute des hommes mal dans leur peau, qui ne voient pas d’objection à sacrifier les autres afin de protéger le pays et la reine. Vous savez ? Comme des ex des services spéciaux aux sourires faciles et aux montres hors de prix… Rolex ?

Bond: Omega.

Vesper: Magnifique. Comme je viens de vous rencontrer je n’irai pas jusqu’à vous traiter de salaud au coeur de pierre.

Bond: Non, bien entendu…

Vesper: Mais je peux imaginer sans peine que les femmes représentent plus pour vous des plaisirs à la chaîne que des objets de conquête. Alors si charismatique que vous soyez monsieur Bond, je compte bien veiller de près sur l’argent du gouvernement plutôt que sur votre exceptionnel petit cul.

Bond: Vous avez remarqué !?

Vesper: Même les comptables ont de l’imagination… L’agneau était bien ?

Bond: Grillé… et je compatis

Vesper: Et bien bonsoir monsieur Bond.

Bond: Bonsoir mademoiselle Lynd.

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posted by Samir at 07:46  

Samedi, avril 7, 2012

EST-CE MOI?

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Tous les matins c’est la même.

Le train est rempli à ras bord. Les vitres sont toutes embuées des chaudes respirations que la promiscuité nous envoie dans la nuque. C’est désagréable. Ca dégouline de partout. Des travailleurs. Des étudiants. Des jeunes. Des vieux. L’indien assis en face de moi s’attaque au sudoku du journal gratuit qu’on lui a distribué avant de monter à bord. La vieille qui a pris place à ses côtés se donne toutes les peines du monde pour empêcher ses vêtements de toucher ceux de son voisin. « On meurt encore de la lèpre en Inde ». C’est ce qu’elle doit se dire. Ca se voit sur sa gueule. A côté de moi, un lycéen mange ce qui lui reste d’ongles. Il tourne frénétiquement les pages d’un cahier noirci de calculs. Il a les foies. « Je vais avoir une sale note à ce putain de contrôle ». C’est ce qu’il doit se dire. Et ça se voit sur sa gueule.

Je ne peux m’empêcher de réprimer un sourire. Je me revois dans les baskets de ce jeune étudiant à réviser mes cours jusqu’à la dernière minute. Le ventre noué. Des fourmis dans les jambes. Ca dansait le boogaloo dans ma tête. Et mon pouls prenait de la vitesse à mesure que l’heure fatidique approchait. J’avais ressenti le même truc avant d’embrasser une fille pour la première fois. J’étais terrifié à l’idée qu’elle ressente ma maladresse. J’avais l’impression que le monde entier s’effondrerait si je n’obtenais pas une bonne note à ce contrôle de langues. Qu’on en parlerait au 20h en même temps que dans la cour de récréation. « Samir, il sait même pas embrasser ». Avec le recul, je mesure l’idiotie de mes pensées d’alors. J’étais tellement naïf, tellement gauche, que j’ai du mal à croire que ce jeune garçon ait pu être moi. Suis-je ce garçon si peu sûr de lui-même? Ou bien suis-je celui moins innocent mais plus en colère qui a sué par tous les pores de sa peau pour pouvoir se payer ses études? Je me revois à porter des thons de 25 kg dans un entrepôt à -4°C. A « faire » des sacs de glace de 50 kg. A supporter l’odeur des déjections de la mer. Odeur dont je me débarrassais avec grand mal sous la douche. Puis j’enchainais ma journée par un job de garde de nuit dans un grand hôtel. Je voyais ces capitaines d’industrie infidèles défiler, flanqués d’escorts dissimulées derrière des lunettes noires. Ca baisait au champagne. Moi c’était le monde que je voulais baiser. Mais là aussi, je ne me reconnais plus. Puis j’ai commencé à écrire. Je voulais être écrivain. Un écrivain viril à la Hemingway. Je voulais pêcher au gros et me taper une tahitienne. J’étais persuadé de pouvoir vivre d’encre, d’eau fraîche et de papayes. C’est à cette époque que j’avais commencé à écrire les mémoires de Khalid Al Baghdadi. J’ai relu ce texte il y a seulement quelques jours comme s’il avait été écrit par un autre. Expérience de dépersonnalisation des plus troublantes. Alors, non, je ne suis pas non plus cet écrivain idéaliste. Tout du moins, je ne le suis plus. Puis vint mon premier blog. J’ai crée un personnage dont j’ai forcé les traits… même si ces traits étaient bien les miens. Et quand je me relis, je me trouve parfois ridicule. J’ai souvent écrit pour plaire. Pour gonfler mes stats. « Nombre de visiteurs uniques ». « Nombres de pages vues ». « Nombres de clicks ». Est-ce moi, ce jeune garçon, thuriféraire d’un capitalisme carnassier? Non. Je ressemblais à une pute qui vend ses charmes. Pardon, mais je n’ai pas trouvé d’autre mot. La langue française regorge de mots décrivant celles qui font commerce de leur corps. Mais elle n’a rien à proposer pour décrire ceux qui vendent des contes.

Submergé de tendresse, je me tourne vers mon voisin du jour.  J’ai envie de lui dire « everything is gonna be ok ». Le soleil se lèvera demain. J’ai envie de lui raconter les trois 0/20 de suite que j’ai eus en chimie étant lycéen. Lui dire à quel point je pensais ma vie finie. Mais que le soleil, à chaque fois, s’est levé le jour d’après. J’ai envie de lui dire que « l’homme est la cause de son propre trouble ». J’ai envie de lui dire que nous sommes tous des reptiles magnifiques. Que nous muons. Qu’un jour il abandonnera ses écailles d’élève sage et timide pour une autre peau. Plus majestueuse. Plus chatoyante que la précédente. J’ai envie de lui dire. Mais je ne le fais pas. Ces expériences font partie de l’indicible. Des trucs qu’on découvre tout seul, dans la nuit, à tâter les murs de sa chambre. Jusqu’à trouver la lumière. Alors je ne dis rien. C’est mon arrêt. Je sors.

Le soleil s’est levé.

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posted by Samir at 13:57  
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