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Le 6 juin 1944, le General Patton adressa une lettre à son fils George Jr, cadet à l’académie militaire de West Point. Au moment de l’écrire, Patton préparait ses troupes au combat sur le sol anglais à seulement quelques heures du débarquement en Normandie. L’heure était grave. Je n’ai pas trouvé de traduction valable de cette lettre. Je l’ai donc traduite – un peu vite, j’avoue – pour ton bon plaisir. C’est une missive virile. Cependant, derrière le style télégraphique du militaire qui méprise les formules ampoulées, on ressent l’amour pudique d’un père pour son fils. Et même s’il s’en défend, Patton livre ici les ultimes recommandations d’un homme qui ignore si cette bataille sera la dernière. . . . . . . .
Ma plume reste en suspens. L’inspiration est là mais l’envie, elle, s’est envolée. Un jour, peut-être, te révélerai-je la relation entre Abou Mazen et cette mystérieuse brune opiacée. Aujourd’hui je n’en ai pas le cœur. J’ai une nouvelle partenaire de jeu : une Nouvelle que j’ai commencée à écrire il y a quelques mois et qui accapare tout mon temps d’écriture. Au début, sa jalousie d’enfant refusant de partager ses jouets m’attendrissait. Maintenant, elle me fatigue. « C’est soit moi, soit ton blog ». La courbe de ses métaphores et son cul bombé comme une caisse de résonanced’assonance eurent raison de ma monogamie. Je délaissais ma régulière pour une Nouvelle venue.
J’écris comme DSK butine. C’est une faute morale. Je fais ce que je veux. Après tout, Âne m’aime.
Mais voilà, cette chienne a pris la confiance (ma Nouvelle, pas Âne) : sûre de son emprise sur mes pensées, elle a abandonné ses bonnes résolutions diététiques. Comme si elle n’avait plus besoin de me plaire. Ma Nouvelle a grossi et ressemble à un petit roman. Je la préférais mince. Même si ses hanches généreuses ne sont pas pour me déplaire, j’ai décidé de la faire maigrir. De couper dans le jarret de phrases trop longues. De faire fondre la graisse d’une figure de style trop emphatique. A la fin, elle sera de nouveau belle. Et je pourrai enfin te la présenter. Si t’es un mec, tu voudras te la faire. Je le sais. Ce sera la seule fois où j’accepterai de faire tourner. Si t’es une fille, tu en viendras immanquablement à t’interroger sur ta sexualité. Parce qu’elle est bonne, ma Nouvelle.
En attendant faut que je te dise un truc.
Arrête de me demander d’écrire ce que je ne veux plus écrire. Coucher des platitudes sur le papier et me restreindre aux seuls sujets du business et de l’économie c’est faire le choix d’une facilité que je m’interdis. J’ai tenté de m’en expliquer ici.
Et puis, il faut le dire, je suis passé à autre chose. Je ne tiens plus à être le marchand d’une idéologie à laquelle je ne crois plus. Si tu es encore ici, c’est que tu me lis pour autre chose qu’un Fama-French. Si tu es encore ici, c’est que ce putain de blog est la seule façon qu’on ait trouvé d’être ensemble. Et puis, avoue, tu me kiffes. On a appris à se connaître. On a le même amour des mots. Pour nous, ils ont quelque chose de sacré… d’aphrodisiaque même. Si tu es encore ici, c’est pour la danse qu’ils y exécutent. Pour leurs manœuvres enjôleuses qui, doucement, amènent à la jouissance.