RAMADAN MOUBARAK
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Une petite pensée pour tous ceux et celles qui demain se priveront pour mieux se souvenir de Lui… et peut être un petit peu d’eux.
Que ce mois béni soit une lumière.
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Une petite pensée pour tous ceux et celles qui demain se priveront pour mieux se souvenir de Lui… et peut être un petit peu d’eux.
Que ce mois béni soit une lumière.
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Je n’ai pas de compte Facebook et Twitter me débecte.
En cela, je fais partie d’une minorité silencieuse qui a décidé de ne pas rentrer dans la perverse logique du Social Graph, fer de lance du business model du diable Zuckerberg. Le Social Graph, ou comment mieux presser le jus de chacune des pommes qui rejoignent par milliers l’arbre immense des réseaux sociaux. Procédé du démon qui permet à P&G, Pepsi, Nestlé et Kraft de faire descendre ta vie privée dans une cave pour s’adonner à une tournante des plus glauques où la victime présumée ne peut être que consentante, quand les violeurs sont dans leur plein droit de cuissage. Si TF1 vend du temps de cerveau disponible à Coca, chez Facebook on écoule du « click » en rafales : un staccato de « I like » plus tard, et te voilà saucissoner, catégoriser, compartimenter. On a fait passer tes tweets à l’équarisseuse et tes tripes, ton foie, ton cervelat sont soigneusement pesés et emballés. Sans que tu le saches, tes abats sont stockés dans une chambre froide avant de pouvoir trouver preneur.
Les réseaux sociaux, c’est Rungis.
Le Financial Times du 19 juillet explique comment le coût par click facturé par Facebook a augmenté de 74% ces douze derniers mois. Les pubards s’étaient longtemps retenus avant de réorienter leurs traditionnels budgets TV/Print/Radio vers les canaux de la Matrice. Avec le zèle des nouveaux convertis, ils délaissent leur ancienne religion et brûlent leurs vieux temples afin de mieux embrasser leur nouvelle foi. Les réseaux sociaux s’en frottent les mains.
Facebook prépare dans le plus grand secret une IPO prévue pour le printemps 2012. Et pour faire saliver les investisseurs, Zuckerberg se doit de faire monter la mayonnaise en affichant des revenus prévisionnels qui vont faire sauter la banque, le NASDAQ et tout le putain de microcosme de la Silicon Valley. A cet effet, il redouble d’efforts pour séduire les publicitaires en multipliant les formats et, surtout, en créant une agence de conseil qui facilitera la tâche des entreprises désirant profiter s’adresser de à ses 750 millions de moutons d’utilisateurs.
Je n’ai pas de compte Facebook et Twitter me débecte.
Mais plus que la tentative d’exploiter mon jardin intérieur en voulant me refourguer du mauvais engrais, c’est la pensée fast-food dont nous inonde Facebook et Twitter qui m’indigne. Qu’est ce que Twitter si ce n’est un gigantesque canyon ou la plus petite des voix prononçant une stupidité génère un écho de 10’000 « retweets », donnant raison à Goebbels pour qui « un mensonge répété 10 fois reste un mensonge… mais un mensonge répété 10’000 fois devient une vérité ». Bombardé d’impromptus à 140 caractères, noyé dans la pensée des autres, intoxiqué de « sagesse » populaire, le « twitteraïnomane » ne s’entend plus penser. A la vérité, il ne pense plus. Sa propre voix ne lui est plus audible puisqu’il s’est fait le porte-voix des autres.
Penser, c’est se retrouver. C’est accomplir cet exil intérieur et arpenter un chemin où aucune empreinte humaine n’est visible… si ce n’est les siennes propres.
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… d’un homme pays, qui chute d’un immeuble de 50 étages, depuis 50 ans. Le mec pays, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : « Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien… Jusqu’ici tout va bien. » Mais l’important, c’est pas la chute. C’est l’atterrissage.
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La France va mal.
Le dire, c’est un truisme. Insister, c’est mettre un coup de savate dans une porte ouverte. D’autres que moi ont tenté d’expliquer les raisons du malaise français: son incapacité chronique à faire face à la montée des émergents. Sa machine étatique éléphantesque, sur le flanc depuis des décennies et qui saigne, et qui saigne. On vient d’apprendre que Dumbo était hémophile, ce qui rend impossible la coagulation de ses plaies. Tout comme semblent impossibles les réformes indispensables et profondes de l’appareil d’Etat. La France va mal parce qu’elle ne sait plus innover, ses cerveaux les plus brillants la quittent comme une pute à l’aube, et sa production scientifique est une goutte d’eau qui se perd dans la Mer de Chine. La dette française inquiète: les seuls intérêts qu’elle génère engloutissent les deux tiers de l’impôt sur le revenu. La dette française c’est un peu Chronos qui dévore ses propres enfants.
A cette déroute économique s’ajoute le désastre social: on monte les français les uns contre les autres, on leur demande de travailler plus pour gagner plus tout en s’augmentant de 140%, on se pose en chantre de la méritocratie pour mieux parachuter une progéniture sans diplôme à la tête de l’EPAD, on renforce la république des privilèges en accordant des logements sociaux à des putes soumises quand tant de familles pauvres croupissent sur les listes d’attentes de l’office HLM local. On fait un chèque à Lilianne Bettencourt pour s’excuser de lui avoir fait payer trop d’impôts et l’on compense cette perte de recette en coupant les allocations familiales à des mamans sans ressources. On islamophobise à tout va.
La France va mal.
Elle erre comme un bateau ivre et se dirige vers cet iceberg, jadis fossoyeur du Titanic. Et que fait le putain de capitaine? Il demande à ses matelots de modifier la disposition des chaises sur le navire. Il demande à l’orchestre de jouer une partition légèrement différente. Il demande au cuistot d’avoir la main moins lourde sur le sel. Mais quand on pose la question du cap, tout le monde baisse les yeux.
Ca navigue à vue. Ca a perdu sa boussole.
La véritable crise, en France, n’est pas économique ni sociétale. La véritable crise française est beaucoup plus profonde. C’est celle du leadership. Les richesses financières et le capital politique international accumulés par des décennies de patient travail ont été dilapidés par un moussaillon excité qui s’est pris pour le capitaine Némo. Le reliquat de la diplomatie arabe française a été liquidé par les soutiens désastreux à Ben Ali, Moubarak et Israël (la lettre à Gilad Shalit qui, dans son malheur de soldat israëlien, s’est souvenu qu’il avait la nationalité française est tout a fait symptomatique). La voix de la France, qui s’est constamment dissociée de celle des Etats-Unis en refusant l’adhésion à l’OTAN et l’invasion irakienne, a servilement fusionné ses cordes vocales avec celles de l’Oncle Sam. Le berger du Larzac est rentré dans le troupeau mondial d’abord parce qu’on fabrique, de façon industrielle, d’inoffensifs moutons au plus haut niveau de l’Etat. Les technocrates français qui sortent de l’ENA, de Polytechnique et autres écoles pourvoyeuses de hauts fonctionnaires, ont été formés pour « faire tourner la machine ». En graisser les rouages. S’engraisser au passage. Ces technocrates sont des opérateurs. Des tourneurs-fraiseurs qui ont le souci du travail bien fait, et pour qui le « protocole » et le « manuel de procédures » ont plus d’importance que la « vision » et la « stratégie ». Ils peuvent répondre aux questions. Ils ne savent pas les poser. Ils remplissent leurs objectifs. Ils ne savent pas les fixer. Ils sont les savants du « comment » et les ignorants du « pourquoi ». Ralph Waldo Emerson, un fameux essayiste américain du 19ème siècle disait que « l’homme qui sait le « comment » aura toujours un travail. L’homme qui sait le « pourquoi » sera toujours son boss ».
Où est le boss en France, aujourd’hui? Certainement pas à l’Elysée.
Ce qui manque à la France ce sont des individus qui connaissent le « pourquoi ». Ce qui manque à la France ce sont des penseurs. Des individus capables de réfléchir par eux-mêmes, qui puissent donner du sens à la compléxité du monde, et donner une direction au pays. Ce qui manque ce sont des visionnaires qui ne se contenteraient pas de « faire tourner » la machine, mais qui puissent la réinventer. C’est cela qu’attendent les français.
Mais n’attends pas trop.
Cet homme providentiel n’arrivera jamais. Tu es sur le Titanic. Il se dirige inévitablement vers l’iceberg. Profite de la musique. Et si tu le peux, rapproche-toi des canots.