Samedi, juin 25, 2011

PUZZLE

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Quand elle échappe à ma compréhension, je fais ce que je fais devant un puzzle.

Je regarde. Je cherche la pièce manquante.

Elle est devenue mon jeu de patience. Au risque de la perdre. Le danger et le jeu, voilà ce que recherche l’homme véritable. C’est pourquoi il lui faut la femme.

Le jouet le plus dangereux.

posted by Samir at 14:54  

Jeudi, juin 23, 2011

JOURNEE DE MERDE

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22h00. Journée de merde. Encore une. Les quinze dossiers que tu devais traiter ce matin ont fait des petits: c’est maintenant une trentaine de pochettes cartonnées qui nidifiaient sur ton bureau en acajou. Premier arrivé le matin, dernier parti le soir. Aucune espèce de reconnaissance. Ton N+1 suédois avait lu la détresse dans tes yeux. Sa réplique fut sans appel: « finir son travail à 20h00 quand tout le monde fini le sien à 17h30 est davantage révélateur d’une mauvaise organisation personelle que d’une puissance de travail supérieure. » Depuis ce jour là, tu boycottes krisprolls et tu as échangé ta Volvo contre un Laguna Break noir corbeau. Les pétasses de la compta s’en amusent: « qui s’est garée à côté du corbillard ce matin? » T’es fatigué. Tu prends la route direction la maison. Tout semble désert.

Pas tout à fait.

Une silhouette se dessine sur le bas côté. Une autostoppeuse en mini-short lève un pouce désespéré. Et là, tu te dis: « pourquoi pas? » Tu mets les warnings et ouvre la porte côté passager. L’autostoppeuse s’y engouffre en même temps qu’une odeur de lait fraise. Elle ne parle même pas le français. Ses yeux mouillés, façon héroïne de manga, sont suppliants. Ses boucles blondes caressent son décolleté. Elle essaie de te dire quelque chose dans son patois elfique. Tu restes silencieux. Elle se met à hurler sans raison. Tu lui demandes de se calmer. Elle refuse… puis perd connaissance comme une poupée à court de piles.

Tu fais demi-tour dans un crissement de pneus: direction les urgences. « Mais pourquoi je me suis arrêté, putain? » Tu arrives en même temps qu’une ambulance: un des infirmiers comprend la situation et vient t’aider à déposer la fée viking sur un brancard. Une équipe se charge de la patiente pendant qu’une infirmière antillaise te guide vers la salle d’attente. « Mais pourquoi je me suis arrêté, putain? » 15 minutes interminables. Un docteur fait son apparition, le sourire aux lèvres. Il tente de te rassurer: « Elle a eu un malaise. Rien de bien surprenant pour une femme enceinte ». Cette nouvelle aurait du te calmer. Mais ce satané doc avait prononcé la parole de trop: « félicitations ».

« De quoi félicitations? » Le doc, surpris par le ton de la question, t’annonce que tu vas être papa. Calmement, tu racontes ta mésaventure. Tu n’étais qu’un pauvre croque-mort qui conduisait un sinistre corbillard et dont le seul tort a été de se laisser attendrir par une connasse danoise. Mais le docteur ne veut rien entendre: « cette pauvre jeune fille vous a clairement identifié comme le père ». Dans un geste d’humeur, tu renverses la table de la salle d’attente. Tu exiges un test de paternité. « Sur le champs ». Tu menaces le personnel du pire. Le docteur s’execute afin d’éviter un incident dans son hôpital. L’expérience lui a appris à composer avec les forcenés. Tu fais les cent pas. « Mais pourquoi je me suis arrêté, putain? » Le docteur est de retour. Son sourire a disparu. « Je vous présente toutes mes excuses, monsieur. A l’évidence, cette jeune femme est une mythomane. Nous venons de découvrir que vous êtes stérile. Il est donc impossible que vous soyez le père de cet enfant ».

De nouveau installé dans ton corbillard, tu fixes ton tableau de bord le regard vide. Tu ne penses plus à Miss Ikea.

Non.

Là, maintenant, c’est à ta femme et à tes deux adorables enfants que tu penses.

Journée de merde. Encore une.

posted by Samir at 17:51  

Jeudi, juin 16, 2011

FAUX AMIS

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Ce texte n’a rien à voir avec les problèmes de traduction auxquels certains linguistes font face mais tout à voir avec le comportement détestable de ceux et celles qui, dans ton entourage, prétendent au titre honorifique d’amis.

L’amitié.

Vaste sujet qui, actualité oblige, mériterait à lui seul une épreuve de philo. Les amis se divisent en deux catégories:

- Les vrais : ils se comptent sur les doigts d’une main. Ils ont la rareté des coccinelles. Et puisque ce qui est rare est cher, chéris-les comme un lépreux le ferait de ces derniers doigts.

- Les usurpateurs: nombreux comme une nuée de frelons et sous-segmentés en plusieurs espèces. De la pute qui écarte les cuisses pour dormir dans ton lit, au psychotique traumatisé par une enfance durant laquelle il n’était rien, et qui vient gâcher le cuir de ton divan en y déversant une bile amère en même temps que ses frustrations. Le psychotique est également une « serrure »… se vautrer sur ton divan, c’est gratuit… faire la même chose sur celui d’un spécialiste heurterait son portefeuille. Ces usurpateurs sont des nuisibles. Une fois repérés, élimine-les.

Le problème, c’est que parmi ces félons se cache une race particulièrement venimeuse. La pétasse et le névrosé cités plus haut ne sont pas les plus dangereux. Ils ont même, dans leurs fragilités respectives, quelque chose d’attendrissant. On les garde près de soi comme on ferait l’aumône. Et puis, une fois lassé, on les jette avec la même compassion qui nous à d’abord empêché d’effacer leurs numéros. Au milieu de ces fleurs inoffensives s’épanouissent des ronces plus difficilement détectables.

Cette flore puante ne révèle sa vraie nature qu’à des moments précis : quand la stabilité de leur microcosme parfaitement ordonnancé se trouve menacée par le moindre petit changement, alors la ronce se transforme en une plante carnivore obsédée par la destruction de ce qui a perturbé l’équilibre de son écosystème.
En clair, et pour arrêter ici la métaphore botanique, au moment même où tu décides d’abandonner la médiocrité et de cheminer vers le mieux, ton « ami» deviendra anormalement agressif. Il se montrera sceptique. Il questionnera tes motivations. Il médira. Il essaiera de te décourager par tous les moyens. Il sabotera chacune de tes manœuvres. Il te discréditera en public et en privé.

« Tu as vu Karim comme il a changé ? Il se la raconte je vais à la bibliothèque maintenant ! Jamais il a eu un livre de sa vie, et maintenant il se la raconte Tariq Ramadan»

« Tu as vu Nawal cette pute ? Elle est partie en prépa avec les bourges. On s’était dit on va s’inscrire à la fac ensemble… mais elle, elle l’a joue perso cette pute… t’inquiètes, wallah je la retiens cette petite pute »

« Wallah je suis morrrrrrrrrrrrrrrrrrt de rire… Hakim il vient d’ouvrir un Grec à Auber’. C’est quoi cette idée de mes couilles ? Comme si on n’avait pas assez de Grecs dans le coin. Les gens ils savent plus quoi faire de leurs vies wallah. Le gars il a bac+5 et il ouvre un Grec. »

Quel est le point commun entre Karim, Nawal et Hakim ? Ils ont décidé de changer. Ce changement a été plus ou moins radical, mais il n’en demeure pas moins qu’il constitue un point d’inflexion majeur de leurs existences respectives. Ce qu’on attend d’un vrai ami dans ce moment délicat c’est un soutien. Même tiède. On n’attend pas de lui qu’il sabote méthodiquement cet effort de transformation personnelle. Changer est un acte périlleux en soi. Une véritable traversée du Styx qui suppose une motivation et un force psychologique très au dessus de la moyenne. Mais si certains s’amusent à lester de sacs de sable une barque qui tangue déjà, comment peut-on s’étonner du nombre de corps qui dorment au fond du fleuve glacé?

Quand tu essaies de comprendre les raisons d’un tel comportement, la plupart de ces « amis » t’expliqueront que « c’est pour ton bien »… que « tu vas droit à ta perte, et que c’est leur devoir d’amis de t’empêcher de te fourvoyer »

La réalité est beaucoup plus sombre qu’il n’y parait.

Ta personnalité, au-delà du déterminisme génétique, se forge année après année au contact de ta famille, de tes amis et autres collègues. Inconsciemment, ton être est façonné par l’action simultanée de ceux et celles qui t’entourent. Changer c’est prendre conscience à un moment donné de qui l’on est à un instant « t », puis de porter sur sa personne un regard critique (dans le sens philosophique du terme) et de se lancer dans la tâche prométhéenne de se redéfinir tout en refusant d’être ce qu’autrui veut que l’on soit.

« Le Monde est un théâtre » disait Shakespeare et on se réinvente d’abord en refusant d’accepter le rôle que la société nous attribue.

Mais voilà, il y a des gens à qui ça ne plaît pas. A commencer par ces « amis » qui aimaient « le Karim d’avant »… « la Nawal avec ses petites couettes ». Si tu changes, leur monde change. Si ta dynamique est modifiée, la leur s’emballe. Si tu renverses la table, c’est la médiocrité de leur routine que tu bouleverses. Pire, ta tentative d’aller vers le mieux met en évidence leur immobilisme.

Quand au chantage affectif du « mais c’est parce que je tiens à toi que je te dis ça », il n’est qu’une tentative désespérée de te retenir dans la « moyenne ». Ce que cet ami « aime », c’est ce que tu étais. Il déteste déjà ce que tu veux veux devenir.

posted by Samir at 12:41  

Dimanche, juin 5, 2011

AFRODIZIAC

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Nostalgie.

Du grec nostos (retour) et algos (tristesse, douleur, souffrance).

Revenir dans ces chambres de l’esprit, tapissées de souvenirs… et en souffrir. Raviver une vieille blessure. Et aimer ça.

Tout fout le camp
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posted by Samir at 12:30  

Samedi, juin 4, 2011

SALAM… SALUT (PART 1)

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Je m’en souviens comme si c’était hier.

Je venais de mater un numéro de Capital où le Grand Prêtre au monosourcil avait mis en évidence la puissance des réseaux. Ceux des grandes écoles. Les réseaux des chambres de commerce. Ceux de la haute société. Les réseaux confessionnels. Ceux des banques et cabinets de conseil. Les réseaux politiques. Chacune de ces toiles humaines voyait sa force démultipliée par des individus qui dépassaient leur simple appartenance confessionnelle ou politique. Dans la littérature, on les appelle les « Power Brokers » : véritables centres névralgiques grâce à qui le politicien peut parler au banquier, le capitaine d’industrie au frère d’une loge maçonnique et l’entrepreneur au Business Angel. On dit de certains qu’ils sont des faiseurs de pluie. Ils irriguent les terres en manque de flotte… mais peuvent aussi bâtir des barrages hydroélectriques et en priver tout une sous-région. D’autres se la jouent Canal de Suez et monnayent leurs services. Mais tous ont compris une chose : qui tu connais à plus de valeur que ce que tu connais.

Pour le puceau des affaires que j’étais à l’époque, c’était une révélation façon « portes ouvertes dans le dortoir des filles ». Le genre de secret que tu captes en scrutant par le trou d’une serrure. J’avoue: rien ne me faisait peur à cette époque. J’avais l’ambition romantique d’un Thomas Sankara qui pensait pouvoir défier le « Monde Libre » depuis sa minuscule Haute Volta. J’avais le cœur plein d’un Eldorado imaginaire qui, comme une femme aux cuisses intactes, attendait le rustre conquistador que j’étais, la peur au ventre.

J’étais naïf et innocent. J’étais le jeune imbécile que je regarde aujourd’hui avec tendresse.

A considérer la sainte Trinité de Bourdieu : Capital social, économique et culturel j’étais orphelin des deux premiers et l’enfant batard du dernier. Cette situation ne pouvait perdurer. Il fallait agir… et vite.

posted by Samir at 17:58  

Jeudi, juin 2, 2011

ELEGANCE. PERIOD.

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streetetiquette:VF September 2009

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posted by Samir at 11:37  

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