WHAT YO NAME IZ…
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… or what your age iz?
Une spéciale pour Zahia… le prochain article est pour toi
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Certains écoutent du Chopin comme de consentantes victimes du tabagisme passif : vautrés sur la banquette en cuir du Business Lounge d’un aéroport, ils prêtent une oreille distraite aux notes plaintives que crachotent les enceintes placées au dessus d’eux. Pour ces profanes, les Ballades Nocturnes du compositeur polonais font plus référence au bruit des péripatéticiennes montées sur talons qu’à un chef-d’œuvre de la musique classique.
Il y eux…et puis il y a les toxicos. Ceux qui vont jusqu’à s’isoler dans une pièce insonorisée pour écouter leur opus préféré… « et ne pas en perdre une seule goutte » disent-ils, la bave aux lèvres. Ils sont comme ces fumeurs de havanes enfermés dans des clubs et qui jouissent du plaisir de tirer sur leurs cigares en même temps que celui d’être entourée des lourdes volutes expirées par d’autres. A leurs yeux, les bonnes fées de la musique s’étaient penchées sur le berceau de Chopin… comme sur celui de Mozart:
« Mozart révèle des dons prodigieux pour la musique dès l’âge de trois ans : il a l’oreille absolue et certainement une mémoire eidétique (à quatorze ans, il aurait parfaitement retranscrit le Miserere de Gregorio Allegri, morceau qui dure environ 15 minutes, en ne l’écoutant qu’une seule fois). Ses facultés déconcertent son entourage, et incitent son père à lui apprendre le clavecin dès sa cinquième année. Le jeune Mozart apprend par la suite le violon, l’orgue et la composition. Il sait déchiffrer une partition et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire ou compter. À l’âge de six ans (1762), il compose déjà ses premières œuvres (menuets KV.2, 4 et 5 ; allegro KV.3). Source : Wikipedia
Dans l’imaginaire collectif, c’est Dieu qui a donné à ces prodigieux musiciens, athlètes ou poètes quelque chose qu’il a refusé au reste du commun des mortels.
Mauvaise analyse. La réalité est beaucoup moins romantique: la poudre magique de la fée Clochette y laisse place à la sueur…
Il y a un passage du film « Changing Lanes » que j’aime beaucoup. Doyle Gipson, incarné par Samuel L. Jackson, y lutte contre les démons de l’alcool. Dans un moment de faiblesse, il se retrouve assis dans un bar à se demander s’il allait commander un scotch ou un soda. Au même moment, il capte la conversation aux relents racistes que tiennent deux publicitaires se moquant d’un spot mettant en scène Tiger Woods. Doyle Gipson les interrompt :
« J’espère que vous ne m’en voudrez pas mais j’ai été intrigué par votre conversation et j’ai compris que vous bossiez dans la publicité. J’aimerai vous donner ma version rêvée d’une publicité sur Tiger Woods, OK ? Bien… alors dans ma pub, il y a ce noir sur ce parcours de golf. Certains essaient de le convaincre d’être leur caddy et de trainer leurs clubs à mesure qu’ils progressent sur le parcours. Mais il n’est pas caddy. C’est juste un noir qui essaie simplement de faire une partie de golf. Mais ces gens insistent et lui donnent un billet de 5 dollars pour qu’il aille leur acheter de la bière ou des cigarettes au clubhouse. Déçu, il décide de rentrer à la maison où l’attendent sa femme et leur fils à qui il enseigne les secrets du golf. L’on verrait ensuite tous ses enfants jouer à la marelle et l’image montrerait le petit Tiger s’entraîner comme un dément sur le green. Puis l’on verrait ces mêmes enfants se gaver de crème glacée pendant que sous une pluie battante, Tiger perfectionne ses frappes longues sous l’œil sévère de son papa. Puis il y aurait comme un effet « avance rapide » et l’on verrait Tiger remporter quatre grands slams d’affilé et devenir dans le même temps le meilleur joueur qui ait jamais soulevé un club de golf. Et le spot de pub se terminerait sur une image de son père dans la foule vers qui Tiger se dirige en lui tendant ses trophées. Tout cela grâce à la détermination d’un père qui s’est fait la promesse qu’aucun homme blanc ventripotent (comme le sont probablement vos pères) n’enverrait jamais son fils au clubhouse acheter de la bière et des cigarettes »
Plus que la jouissance que procure cette mise à l’amende, c’est la leçon subliminale qui doit retenir l’attention: Tiger n’est le prodige que nous connaissons que parce qu’il a travaillé prodigieusement dur. La croyance populaire qui ferait de Dieu l’injuste distributeur de talents dont bénéficieraient certains à l’exclusion de tous les autres est une chimère. Un prétexte. Une basse excuse qui justifie la paresse.
Parce que le talent suppose et exige un effort. Il ne naît pas du vide.
On ne naît pas star du football… de la même façon qu’on ne naît pas entrepreneur, danseuse étoile ou violoncelliste virtuose. On le devient. Le talent se développe par la répétition de l’effort sur la durée. Malcolm Gladwell appelle ça « la règle des 10’000 heures ». Dans « outliers », il explique que la « surperformance » n’est que la résultante d’une pratique assidue, voire obsessionnelle d’une discipline. Il cite les résultats d’une étude menée sur un groupe d’étudiants de musique classique suivis de l’enfance à l’âge adulte. Parmi eux, certains sont devenus d’excellents amateurs après 2’000 heures de travail. Ceux qui sont devenus professeurs de musique ont, eux, travaillé deux fois plus: 4’000 heures. Les « surdoués » pointent à 8000 heures tandis que la caste des « génies » caracole à 10’000.
Un autre exemple plus proche de mon coeur*…
J’ai déniché une gemme dans un vieux numéro de GQ dont Thierry Henry a fait la couverture. L’interview de l’ancien attaquant du Barça, qui fait maintenant les jours heureux des Red Bull de New York, révèle la fascinante genèse du sa « spéciale »: une foulée de gazelle qui démarre au milieu de terrain sur le côté gauche avec un repiquage au centre léger suivi d’un enveloppement du ballon du pied droit qui fixe tous les gardiens sur place. Quand tu vois avec quelle facilité il arrive à exécuter cette phase de jeu, tu en viens immanquablement à déceler une intervention divine.
Et pourtant…
“Ce que j’aimerai expliquer aux gens, c’est que ce n’est pas venu du jour au lendemain. Souvent, quand un joueur répète un geste, cela devient logique et normal donc les gens disent “c’est facile”. Non! J’ai lutté pour arriver à mettre ce genre de but. Des fois quand il n’y avait pas de gardien à l’entraînement, je plaçais un plot près du poteau avec juste la place pour passer un ballon. Tu n’as pas besoin de gardien pour travailler cela. C’est mieux avec un gardien, mais en général quand tu tapes la, c’est dedans. Il y a eu des fins d’entraînement où je restais pour faire ce genre d’exercice”
Au travail.
* Le foot… pas Thierry Henry
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Tariq pèse 110 kg pour 1m73.
Son esprit tout entier est devenu l’esclave de sa panse. Cette dernière chevauche le premier comme Phyllis chevauchait le vieil Aristote. Les adorateurs des plaisirs de la chair s’étaient plu à peindre cette scène cocasse où la femme (allégorie des sens) serrait ses cuisses musclées autour de la taille du philosophe (allégorie de la raison), symbolisant l’asservissement de la raison aux passions.
Tariq ne possède pas l’intellect d’un Aristote mais il s’est indubitablement soumis à ses appétits. La bedaine qui déborde de son 501 suffit à s’en convaincre. Il la traîne avec peine et aimerait qu’elle fonde au soleil comme un cornet à la vanille. Mais son ventre ne fond pas. Il l’accompagne comme ces tasspés collantes qui t’aiment et que tu n’aimes pas en retour. Le genre de filles qui te fatiguent par leur seule présence.
D’ailleurs, Tariq s’essouffle vite. Il s’essouffle en montant les trois marches de l’allée 13… il s’essouffle quand il mastique l’aile de poulet au citron caoutchouteuse que lui a amoureusement cuisiné son épouse. Il s’essoufflerait même à tourner les pages d’un livre. Tariq taffe à l’aéroport. A l’entendre parler de son job, on croirait presque qu’il en est le directeur. Vérification faite il n’en est que le servile factotum
Quand il déboule au quartier (terme on ne peut plus approprié vu son apparence sphérique), chacun ne peut réprimer un soupir alourdi de regrets.
« comment il a pu en arriver là ? » dit l’un
« il avait tout pour lui » continue l’autre
« il était trop mal entouré à l’époque » finit-on par conclure doctement
Tariq n’a pas toujours été le sosie d’Oncle Phil. Quand nous étions gamins, il était notre idole des terrains de jeu, le Maradona du quartier. Quand il touchait le ballon, chacun retenait son souffle et se forçait à garder les paupières grandes ouvertes de peur qu’un battement de ces dernières ne lui fasse rater un geste de toute beauté. Les vieux du quartiers y allaient de leurs couplets rances, jaunis de références périmés :
« Vas-y ya oulidi… aya Madjer !!! »
Personne ne doutait qu’il allait être un jour une des principales attractions de la Ligue 1. Certains recruteurs de l’OL et de Rennes étaient venus aux nouvelles… et puis tout s’arrêta sans que quiconque ne puisse dater avec précision le début de la déchéance de Tariq. Chacun se souvenait l’avoir moins vu sur les terrains… mais beaucoup plus dans certaines soirées. En l’espace d’une année il est passé de l’hygiène de vie irréprochable du footballeur professionnel en devenir, à un régime fast food-alcool-tabac qui lui a scié les jambes au niveau des rotules. Cela s’est évidemment ressenti sur son jeu… les rares fois où il s’était aventuré sur les terrains, les spectateurs avertis qui l’avaient connu durant l’apogée de son jeu de jambes, avaient remarqué que sa patte gauche, jadis si légère, s’était appesantie. Chacun voyait le manque de précision dans la passe. Chacun aurait pu se baisser pour ramasser les déchets techniques qu’il laissait sur le terrain. Le gazon était sa patinoire. Il était maintenant son dépotoir.
A chaque apparition de Tariq, tous, nous rêvons à ce qui aurait pu être…
Apparemment (sur)doué, il n’a jamais pu exploiter ce talent qui s’est révélé être une demi-faveur du ciel. Il lui a manqué une chose.
To be continued
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Pour ceux et celles qui connaissent la maison, tu sais où est le frigo.
Sers-toi.
Pour les autres, il y a cette courte (mais indispensable) introduction.
Pour ceux et celles qui me connaissent, j’ai longtemps rêvé ces retrouvailles.
On s’embrasse?
Pour les autres, il y a toujours le verbatim de ma dernière gardav’
C’est bon de revenir.